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    Vatican: les leçons d'une «gaffe»

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    joan21

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    Vatican: les leçons d'une «gaffe»

    Message  joan21 le Jeu 28 Sep - 22:20

    Après le discours du pape sur l'islam

    Vatican: les leçons d'une «gaffe»

    Au dialogue interreligieux cher à Jean-Paul II, Benoît XVI préfère le dialogue des cultures

    De notre correspondante à Rome, Marcelle Padovani

    Le curé de base est inquiet. La bonne soeur aussi. Même quand ils s'habillent dans le genre discret, ils ne se sentent plus très à l'aise dans la Ville éternelle. Pour un peu ils éviteraient même les parvis des églises, la place Saint-Pierre et tous les lieux dits touristiques. C'est tout de même une grande première dans la capitale des catholiques. Et c'est la faute à Benoît XVI. Depuis son fameux discours du 12 septembre à Ratisbonne, quiconque porte à Rome les signes extérieurs de la religion de Pierre peut être l'objet d'un attentat démonstratif ou d'une immolation du genre kamikaze.Et dans le popolino romain, du coup, la cote de Benoît XVI est en chute libre. Benoît, dont le nom en italien est « Benedetto », le béni, serait presque devenu « Maledetto », le maudit...
    Ce n'est que le premier des dégâts consécutifs à la gaffe de Ratisbonne. Avec ses quatre lignes d'une citation de l'empereur byzantin Manuel II Paléologue (voir encadré), le pape n'a pas seulement mis en danger ses coreligionnaires, il a été amené à s'excuser publiquement trois fois en une semaine pour essayer de désarmer la colère islamique. Comment parler après cela d'infaillibilité papale. Jusqu'ici, ses prédécesseurs s'étaient excusés des fautes des autres, jamais des leurs. Joli résultat, dix-huit mois à peine après son élection.
    L'émotion n'est pas moins grande dans les étages supérieurs du palais apostolique et dans tous les ministères qui sont censés aider le souverain pontife dans sa tâche. Les plus politiques parmi les cardinaux, tels Paul Poupard, spécialiste du dialogue interreligieux, ont saisi la balle au bond et se sont lancés dans une série d'initiatives destinées à réduire le risque d'une rupture avec les musulmans modérés. En participant à la rencontre solennelle organisée le 19 septembre au Capitole par le maire de Rome avec les représentants des trois religions monothéistes. Ou en intervenant à la télé lors d'un débat sur la gaffe papale.
    Nouveau secrétaire d'Etat du Vatican - il a été nommé le 15 septembre -, le cardinal Tarcisio Bertone est lui aussi sur le pied de guerre pour tenter de répliquer au tir nourri en provenance du monde arabe. On raconte qu'il a littéralement « secoué » le pape pour le convaincre de faire machine arrière. Car le professeur de théologie Ratzinger, oubliant qu'il est aussi pape, ne voyait pas pourquoi une innocente citation universitaire pouvait mettre en ébullition les masses musulmanes. Après avoir décidé que les nonces des pays à majorité musulmane devaient apporter des éclaircissements dans leur nonciature, Bertone a convoqué lundi à Castelgandolfo tous les ambassadeurs de ces mêmes pays auprès du Saint-Siège. Il a également demandé que le texte en langue arabe du discours d'excuses du pape soit distribué de l'Algérie au Bangladesh, en passant par le Pakistan, le Sénégal, la Libye...
    Si cette offensive tous azimuts ne réussissait pas, elle aurait des implications pour la vie quotidienne du pape (le port d'un gilet pare-balles) et pour les fidèles, contraints d'accepter des contrôles de plus en plus serrés. Benoît XVI doit désormais décider, comme le suggère un cardinal, «s'il veut être pape ou professeur». Dans le premier cas, il devra soumettre ses discours, quels qu'ils soient, non seulement à son secrétaire particulier, Don Ganswein, mais à la secrétairerie d'Etat, et peut-être aussi aux neuf congrégations et aux sept commissions pontificales dont le but est de l'aider dans sa tâche. Il faudra donc qu'il renonce à «l'exercice solitaire du pouvoir», selon la formule du vaticaniste Marco Politi. Car Benoît XVI n'est pas très sociable. Il passe le plus clair de son temps à lire et à étudier seul ses dossiers. Peu enclin à recevoir des visiteurs dans sa chapelle privée, il s'est également accoutumé à n'inviter personne à déjeuner et rarement à dîner. C'est donc tout un style de vie et de travail qui est remis en question par le discours de Ratisbonne.
    «Je suis sûr qu'il en a tiré les leçons», soutient Politi. Même impression chez Mario Marazziti, de la Communauté de Sant'Egidio : «Il en tiendra compte pour les prochaines nominations, il consultera davantage son entourage, par exemple pour remplacer le cardinal Ruini, président de la Conférence épiscopale italienne.» Mais par-delà le style reste un problème de fond : ce pape ne ressemble pas à son prédécesseur sur le terrain du dialogue interreligieux. Jean-Paul II le pragmatique discutait et priait avec les musulmans en espérant trouver à travers la prière des solutions communes sur le terrain social. Benoît XVI, au contraire, préfère au dialogue interreligieux le dialogue des cultures, souhaitant que les deux monothéismes se mettent d'abord d'accord sur des questions telles que les droits de l'homme, les problèmes de la vie sociale, avant de s'agenouiller de concert. Telle est la vraie raison de la gaffe de Ratisbonne.


    Les mots incendiaires
    Voici les quelques lignes (sur plus de 300) du discours prononcé le 12 septembre par le pape Benoît XVIà l'université de Ratisbonne qui ont enflammé le monde musulman :
    «Dans le septième entretien [entre l'empereur byzantin Manuel II Paléologue et un Persan cultivé] l'empereur, avec une rudesse assez surprenante qui nous étonne, s'adresse à son interlocuteur simplement avec la question centrale sur la relation entre religion et violence en disant: «Montre-moi donc ce que ce Mahomet a apporté de nouveau et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines comme son mandat de diffuser par l'épée la foi qu'il prêchait».»

    Marcelle Padovani

    http://www.nouvelobs.com/articles/p2186/a318121.html
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    Re: Vatican: les leçons d'une «gaffe»

    Message  MP le Jeu 28 Sep - 23:14

    Comment parler après cela d'infaillibilité papale.

    Une toute petit remarque : le dogme de l'infaillibilité papale ne vise nullement les paroles du Pape, qu'il s'agisse de donner l'heure ou la recette de la polenta ...

    Elle ne vise en effet que les textes ayant trait à la doctrine chrétienne, et ne concerne que les fidèles.
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    Trinita

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    Re: Vatican: les leçons d'une «gaffe»

    Message  Trinita le Jeu 28 Sep - 23:31

    un voyage apostolique dont le programme et le discours se trouvent sur le site officiel du Vatican je crois que c'est "infaillible"

    http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/travels/2006/documents/trav_ben-xvi_germany-program_20060909_fr.html

    http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2006/september/documents/hf_ben-xvi_spe_20060912_university-regensburg_fr.html

    Mais je peux très bien me tromper.
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    Re: Vatican: les leçons d'une «gaffe»

    Message  MP le Ven 29 Sep - 0:12

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    Trinita

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    Re: Vatican: les leçons d'une «gaffe»

    Message  Trinita le Ven 29 Sep - 0:20

    tout à fait..Merci crevette..

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    Re: Vatican: les leçons d'une «gaffe»

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