Alter-MuRAX

Jeu 23 Nov - 19:44


    Finul...

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    Olivier

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    Re: Finul...

    Message  Olivier le Sam 19 Aoû - 16:37

    MP a écrit:Olivier, jamais il n'a été question que Jerusalem ne fasse partie intégrante d'Israel.

    Comme mon fermier, à la mer, qui recule chaque année un peu les clôtures de son champ, tes crétins de copains englobent et digèrent la ville.

    Ca ne répond pas à ma question ! Je connais parfaitement la question de Jérusalem et de sa banlieue (qui, contrairement à ce que prétendent certains n'a pas été "annexée", sauf certains quartiers immédiatement attenants). Je dis simplement que si on dit "annexion" pour 49 et "annexion" pour 67 alors ce mot n'a plus de sens, voilà tout. Parce qu'il est la porte ouverte à remettre en cause justement le droit d'Israël a décider de sa capitale. La question reste ouverte de savoir pourquoi Jérusalem-Ouest, proclamée capitale en 49 donc, n'est pas reconnue comme telle par la communauté internationale (sachant qu'il va de soi que l'ONU ne reconnaissant pas l'annexion, elle ne peut reconnaître l'Est comme faisant partie de la capitale). Et je rappelle : aucune institution importante de l'Etat ne se trouve à l'Est.
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    Re: Finul...

    Message  MP le Sam 19 Aoû - 16:42

    [quote]Déclaration d'Olmert sur le site de l'ambassade israélienne en mai 2006 donc c'est récent :

    Nous devons assurer l'avenir de l'Etat d'Israël en tant qu'Etat juif et démocratique, avec Jérusalem comme capitale unifiée et indivisée

    Ca répond à ta question ?

    Olivier

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    Re: Finul...

    Message  Olivier le Sam 19 Aoû - 16:51

    MP a écrit:Déclaration d'Olmert sur le site de l'ambassade israélienne en mai 2006 donc c'est récent :

    Nous devons assurer l'avenir de l'Etat d'Israël en tant qu'Etat juif et démocratique, avec Jérusalem comme capitale unifiée et indivisée

    Ca répond à ta question ?

    Bien sûr que non ! Ca ne répond ni à la question de fran6 sur "l'annexion" de 49, ni surtout sur le fait de savoir pourquoi, même avant 67, Jérusalem-Ouest n'était pas reconnue comme capitale d'Israël.
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    Re: Finul...

    Message  MP le Sam 19 Aoû - 16:56

    Bien sûr que non ! Ca ne répond ni à la question de fran6 sur "l'annexion" de 49, ni surtout sur le fait de savoir pourquoi, même avant 67, Jérusalem-Ouest n'était pas reconnue comme capitale d'Israël.

    Bon, laissons Israel se répandre comme une mérule.
    Mais au nom de quoi ?

    Olivier

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    Re: Finul...

    Message  Olivier le Sam 19 Aoû - 17:00

    MP a écrit:
    Bien sûr que non ! Ca ne répond ni à la question de fran6 sur "l'annexion" de 49, ni surtout sur le fait de savoir pourquoi, même avant 67, Jérusalem-Ouest n'était pas reconnue comme capitale d'Israël.

    Bon, laissons Israel se répandre comme une mérule.
    Mais au nom de quoi ?

    Toujours pas répondu à la question, je te signale ... se répandre comme une mérule, ça fait joli en virtuel, mais dans les faits, ça ne correspond à rien de réel.
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    Re: Finul...

    Message  MP le Sam 19 Aoû - 17:14

    Toujours pas répondu à la question, je te signale ... se répandre comme une mérule, ça fait joli en virtuel, mais dans les faits, ça ne correspond à rien de réel.

    Superpose en transparents les frontières initiales, et rajoute une couche tous les dix ans, n'oublie ni le mur, ni les colonies, mesure les ha, les approvisionnements en eau, et on en reparle ...

    Olivier

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    Re: Finul...

    Message  Olivier le Sam 19 Aoû - 17:21

    MP a écrit:
    Toujours pas répondu à la question, je te signale ... se répandre comme une mérule, ça fait joli en virtuel, mais dans les faits, ça ne correspond à rien de réel.

    Superpose en transparents les frontières initiales, et rajoute une couche tous les dix ans, n'oublie ni le mur, ni les colonies, mesure les ha, les approvisionnements en eau, et on en reparle ...

    Grotesque ! Le plus territoire conquis (lors d'une guerre, hein, t'as oublié Nasser ???) a été restitué après Camp David en 81. Il faisait 3 fois la taille d'Israël et deux fois la Belgique. En dehors des territoires palestiniens et du Golan, les mêmes depuis 40 ans, quels territoires Israël a-t-elle conquis "comme une mérule" ? Quant à ma question sur l'annexion et celle sur la reconnaissance de Jérusalem-Est, j'imagine que, comme d'hab, je vais pouvoir me brosser
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    Re: Finul...

    Message  MP le Sam 19 Aoû - 18:21

    Oui, je le crains Smile

    Je suis dans mes valises ...

    Olivier

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    Re: Finul...

    Message  Olivier le Sam 19 Aoû - 18:24

    MP a écrit:Oui, je le crains Smile

    Je suis dans mes valises ...

    Embrasse Nasrallah pour moi ! lol! lol! lol! Par contre, si tu me ramener Rania, je t'en serais éternellement reconnaissant. Bah koi, elle doit un peu se faire chier là-bas, non ? lol! lol!
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    Trinita

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    Re: Finul...

    Message  Trinita le Sam 19 Aoû - 18:28

    ....


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    Re: Finul...

    Message  Krill le Dim 20 Aoû - 23:28

    Finul

    pas folle la guêpe...

    La France appelle à la solidarité européenne
    pour renforcer la Finul

    LEMONDE.FR | 20.08.06
    La France "appelle à la solidarité européenne" et demande à la Finlande, qui assure la présidence tournante de l'UE, d'organiser cette semaine une réunion des pays membres, afin qu'ils "clarifient" leurs contributions au renforcement de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), et en vue d'une bonne coordination, a déclaré dimanche 20 août le ministre des affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy.La Finlande a rapidement accepté, présentant cette rencontre, qui aurait probablement lieu mercredi, omme une "réunion de suivi" après celle organisée la semaine dernière à Bruxelles sur le même thème.

    Le ministre a de nouveau fait valoir que la France était le seul pays à avoir dépêché dans l'urgence 200 hommes qui viennent doubler les effectifs français au sein de la Finul, "150 hommes sont en train d'arriver au Liban. 50 sont déjà arrivés. L'opération Baliste engage 1 700 hommes supplémentaires" au large du Liban, a-t-il insisté. "Au-delà de cette phase d'urgence à laquelle le président de la République a souhaité répondre, nous voulons obtenir des Nations unies des garanties", a-t-il réaffirmé. En particulier, a-t-il ajouté "A qui doit rapporter le commandement de la Finul ? Quelle est la liberté de réaction de cette force ?"

    La Finul compte pour l'instant 2 000 hommes au total, et l'ONU compte sur la France pour fournir l'ossature d'une force qui doit passer de 2 000 à 15 000 hommes, selon la résolution 1771 adoptée le 11 août. Son secrétaire général, Kofi Annan, s'est entretenu par téléphone avec Jacques Chirac samedi, mais les deux hommes ont simplement souligné "l'importance de déployer sans délai les premiers éléments" de la Finul renforcée et fait le point "des contacts avec les contributeurs potentiels de la force".

    En Israël, "la décision décevante de limiter à 200 le nombre de soldats français envoyés au Liban a suscité la stupeur et le désarroi", a déclaré un haut responsable des affaires étrangères israéliennes à l'AFP, sous couvert de l'anonymat. "Nous espérons que la France n'a pas dit son dernier mot, faute de quoi sa décision ne pourrait que contribuer à nous ramener à la case départ, avec le réarmement du Hezbollah, qui pourrait attendre ainsi le moment propice pour reprendre les hostilités", a-t-il prévenu.

    A l'instar de la France, de nombreux pays, redoutant de tomber dans un guêpier, hésitent toujours à envoyer leurs soldats au Liban sud pour y épauler l'armée libanaise, et exigent un mandat clair. Le bras droit de Kofi Annan, Mark Malloch Brown, a indiqué samedi que l'ONU leur a fourni les précisions demandées, mais que l'organisation n'était pas encore parvenue à rassembler l'avant-garde de 3 500 hommes qu'elle souhaite envoyer au Liban d'ici au 28 août.



    Avec AFP et Reuters
    150 soldats français ont quitté Toulon pour le Liban, dimanche

    Environ 150 soldats français ont quitté dimanche matin le port de Toulon à bord du transport de chalands de débarquement (TCD) La Foudre pour aller renforcer la Finul. Ils devraient accoster jeudi ou vendredi, selon la préfecture maritime, à Beyrouth ou à Naqoura, au Liban sud, et rejoindront les 50 soldats arrivés samedi.

    Ces hommes du 13e régiment du génie, partis avec du matériel lourd - camions, bulldozers, bennes, centrales de production d'électricité et d'eau - seront déployés dans la zone du Liban sud, "à proximité de la frontière israélienne", a précisé le colonel Christophe Issac, à la tête du détachement. "Notre mission, dont certains détails doivent encore être précisés, sera l'appui à la mobilité de la Finul et des forces armées libanaises dans le cadre de leur redéploiement dans la zone du sud Liban", a-t-il indiqué. A ce titre, les soldats seront chargés de la remise en état des routes, de créer des ouvrages de protection et du déminage et de l'enlèvement des armes et de munitions restées sur certains sites.

    La mission devrait durer de "deux à quatre mois, mais nous nous préparons à y rester deux mois de plus", a précisé le lieutenant colonel Laurent Romeur. La plupart des 150 soldats français, familiers des missions en Afghanistan, au Kosovo ou en Côte d'Ivoire, gardent cependant "l'esprit serein". "Nous sommes capables à la fois de travailler et d'assurer notre propre sécurité. Nous partons avec des personnels professionnels et adaptés", explique le colonel Romeur. "Sur les moyens de se défendre, la résolution de l'ONU n'est pas très claire, c'est aux politiques et aux diplomates de donner des précisions", reconnaît le capitaine François Quiot adjoint au chef du détachement parti de Toulon. - (Avec AFP).

    http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-734511,36-804894@51-759824,0.html
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    Krill

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    Re: Finul...

    Message  Krill le Mar 22 Aoû - 12:59

    Certains journaux de la presse internationale ont critiqué la France pour son attitude jugée frileuse alors qu'une aussi noble mission de maintient de la paix ne se refuse pas.
    Résultat, il apparait que c'était le voix de la raison,
    et bon nombre de pays ont la même réaction !
    ca ne se bouscule pas au portillon,
    quelle mission, quels moyens, quel cadre ???

    De plus il semble qu'il y ait une volonté de donner une réponse européenne,
    réfléchir fait du bien !
    La France n'était peut-être pas le pays le mieux placé du fait de son engagement "diplômatique" qui n'est pas du goût de la Syrie et de l'Iran !
    En disant ça, on en dit beaucoup concernant 2 états "plutôt" voyous !
    Apparemment, l'Italie, un peu mieux placé que la France pour cette mission, prendrait le commandement de la Finul.
    Si ça continue comme ça, on va peut-être y arriver...
    et ce serait tant mieux Wink

    L'Italie accepte de diriger
    la force des Nations unies

    http://permanent.nouvelobs.com/etranger/20060822.OBS8961.html
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    Krill

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    Re: Finul...

    Message  Krill le Sam 26 Aoû - 22:58

    les commentaires sur la paix sont plus silencieux que les commentaires sur la guerre

    normal !
    quand c'est la guerre il se passe quelque chose...
    quand c'est la paix il ne se passe "rien" !

    bon, je sais bien que ce n'est pas encore la paix,
    mais c'était une image Smile

    Dans la série j'y va, j'y va pas !
    oh pi oui, oh pi non,
    pour finir c'est oui ! Cool

    Voici, pris dans Le Monde, un chat avec Bruno Tertrais,



    Finul au Liban : pourquoi la France a-t-elle attendu ?
    LEMONDE.FR | 22.08.06

    L'intégralité du débat avec Bruno Tertrais, maître de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique, vendredi 25 août, à 11 h .


    Jean_Bart : Y a-t-il eu des problèmes entre les militaires et Jacques Chirac pouvant expliquer la lenteur de la France ?

    Bruno Tertrais : Je ne pense pas qu'il y ait eu de désaccord entre les états-majors et le président de la République. Le cafouillage auquel on a assisté ces dernières semaines relève d'un problème de communication politique ainsi que des réticences de l'armée à s'engager avant que le concept d'opération soit clarifié.

    Cloclo : Quelle garantie le président Jacques Chirac a-t-il obtenue et de quelles parties au conflit pour revenir sur sa décision de n'envoyer que 200 soldats et décider d'envoyer un contingent de 2 000 soldats ?

    Bruno Tertrais : D'abord, je ne suis pas sûr qu'il s'agisse d'un revirement. La France, en effet, n'avait jamais dit que sa participation à la Finul rénovée se limiterait à un contingent supplémentaire de 200 hommes. Il me semble que l'élément déclenchant de la décision de Jacques Chirac annoncée hier soir a été la satisfaction de la France lorsqu'elle a reçu le texte que l'on appelle "concept d'opération", c'est-à-dire les règles précises de fonctionnement de la Finul telles qu'elles ont été proposées par l'ONU. Bien entendu, la France a participé à l'élaboration de ce texte.

    Kanu : L'attente de la France était-elle un moyen de faire pression sur l'ONU, les Etats-Unis et d'autres pays afin d'avoir plus de poids dans les affaires du Proche-Orient ?

    Bruno Tertrais : Oui, dans une certaine mesure. Les réticences françaises avaient en effet pour but, entre autres, de peser sur la bureaucratie onusienne pour que celle-ci rédige un concept d'opération robuste et réaliste ; elles étaient également un moyen de peser sur les autres pays européens pour que ceux-ci n'aient pas la tentation de s'abriter derrière la France et de limiter ainsi leur propre contribution militaire. En revanche, je ne pense pas que la France ait par ce biais tenté de peser sur les Etats-Unis, dont les autorités ont plutôt eu une attitude constructive vis-à-vis de Paris dans cette affaire. On ne peut pas en dire autant de la presse américaine...

    Dmx : Monsieur Tertrais, avec l'envoi d'un contingent important au Moyen-Orient, la France n'est-elle pas en train de tomber dans un piège néoconservateur ? Quelle sera la liberté d'action de la France lorsque les Etats-Unis attaqueront l'Iran dans quelques mois (cf. l'article récent de Seymour Hersch) ? Notre présence au Liban risque-t-elle de nous obliger à nous allier aux Etats-Unis dans ce contexte ?

    Bruno Tertrais : Sur le premier point, je pense que ce serait une erreur de considérer que la France est dans cette affaire le jouet des Etats-Unis. La situation actuelle n'a franchement pas grand-chose à voir avec les thèses néoconservatrices. Il faut dire d'ailleurs que la France, comme les Etats-Unis, a depuis très longtemps une attitude de méfiance, voire d'hostilité, vis-à-vis du Hezbollah, car celui-ci s'en est pris très souvent aux intérêts français. Sur le deuxième point, je ne pense pas qu'une attaque contre les sites nucléaires iraniens soit aujourd'hui d'actualité, et les articles de Seymour Hersch sont souvent des modèles de désinformation ou de procès d'intention. Ils sont d'ailleurs, en général, assez mal informés. La possibilité d'une action militaire contre l'Iran reste ouverte, mais n'a rien d'acquis. Sur le troisième point, on peut rappeler d'abord que la France est déjà un allié des Etats-Unis, à travers l'OTAN, et aussi dans le cadre des opérations de lutte contre le terrorisme. Depuis deux ans, c'est vrai, la France agit la main dans la main avec les Etats-Unis, et l'action de la communauté internationale vis-à-vis du Liban depuis la résolution 1559, en octobre 2004, est largement le fruit de positions franco-américaines. Je crois qu'on peut s'en féliciter.

    Clément : Si j'ai bien compris, l'emploi de la force sera autorisé pour la Finul, mais en cas de légitime défense uniquement. Cela semble signifier qu'elle sera impuissante à empêcher les tirs de roquette du Hezbollah vers Israël et les incursions israéliennes ponctuelles. La France a-t-elle réellement obtenu des gages de l'ONU permettant à cette nouvelle Finul d'être plus efficace, ou est-ce simplement que les casques bleus se protégeront mieux eux-mêmes ?

    Bruno Tertrais : La Finul rénovée sera plus efficace que la précédente, et les casques bleus seront également mieux protégés. La Finul pourra ouvrir le feu pas seulement pour se défendre, mais aussi pour protéger les populations civiles. Mais, c'est vrai, elle n'a pas pour mission d'empêcher les belligérants de reprendre les hostilités s'ils le désirent. Ce serait dans ce cas un échec de la diplomatie, mais pas un échec de la Finul. En cas de reprise des hostilités, la Finul serait dans une situation très dangereuse.

    Kinou : Qu'est-ce qui motive la France à soudainement mobiliser 2 000 hommes au Liban ? Quels en sont les enjeux ?

    Bruno Tertrais : Il y a une longue tradition française d'amitié pour le Liban et d'intérêt stratégique pour cette zone. Cela remonte à la création même du pays, qui était auparavant un territoire sous mandat français. La décision de Jacques Chirac de porter à 2 000 hommes la contribution française à la Finul rénovée s'inscrit dans une longue tradition d'intervention militaire française dans ce pays. Je rappelle que la France avait notamment procédé à l'évacuation de Yasser Arafat en 1982, s'était largement impliquée dans les opérations de maintien de la paix qui avaient suivi l'intervention israélienne de 1982, et enfin, s'était impliquée fortement dans le règlement de la dernière crise israélo-libanaise qui avait eu lieu en 1996. D'ailleurs, à l'époque, le règlement de la crise avait déjà été obtenu à l'aide d'une mission franco-américaine.

    Zamzam : Est-ce que la France pense au désarmement du Hezbollah ?

    Bruno Tertrais : A mon avis, M. Chirac y pense tous les jours ! La résolution 1559 du mois d'octobre 2004, proposée par la France et les Etats-Unis, demandait déjà le désarmement des milices du Hezbollah. Malheureusement, près de deux ans après l'adoption de cette résolution par l'ONU, le gouvernement libanais n'avait rien pu ou rien voulu faire pour appliquer cette disposition de la résolution. Si le Hezbollah avait été désarmé comme l'exigeait l'ONU, il n'y aurait pas eu d'opération israélienne et pas de nouvelle guerre au Liban.

    Louis : L'engagement de la France au Proche-Orient ne risque-t-il pas d'encourager le terrorisme sur son sol ?

    Bruno Tertrais : Il y a toujours un risque pour un pays occidental de voir ses actions dans la région être contestées par l'une ou l'autre des parties en présence, ou par certains segments de la population. Mais un gouvernement responsable doit peser à la fois les risques et les bénéfices. Si personne ne s'engageait dans le maintien de la paix par peur de rétorsions terroristes, alors ce serait une victoire pour le terrorisme.

    Piebou33 : Ne faut-il pas remarquer que pour une fois la France a judicieusement manœuvré sur le plan diplomatique pour se placer en position prépondérante vis-à-vis de ses partenaires européens tout en se replaçant dans le sillage des Etats-Unis ?

    Bruno Tertrais : Vous n'avez pas tort. La France a réussi à être à la fois en phase avec les Etats-Unis, en accord avec ses principaux partenaires, et en pointe dans le débat européen. On peut toutefois regretter qu'après tant d'efforts diplomatiques, partiellement couronnés de succès, la communication française sur sa participation à la Finul ait été aussi mal gérée. Je pense que l'intervention de Jacques Chirac a "rattrapé le coup" et que l'épisode du cafouillage de communication est désormais terminé.

    >>> suite


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    Re: Finul...

    Message  Krill le Sam 26 Aoû - 22:59

    >>> suite

    Frédéric_M : La France a-t-elle les moyens de ses ambitions ? Jouer dans la cour des grands (Conseil de sécurité, diplomatie, etc.), avoir une réelle action sur la scène internationale. A long terme, ne serait-il pas plus efficace de jouer une carte européenne dans notre action internationale ?

    Bruno Tertrais : Je crois que la France s'efforce, chaque fois que cela est possible, de donner la priorité à une action européenne sur une action nationale. Mais la politique internationale ne peut pas être totalement européanisée. Ce n'est pas l'Europe qui est membre du Conseil de sécurité, c'est la France. Et pour tous les pays du monde, y compris nos partenaires européens, dès lors qu'il s'agit d'engager des forces militaires, il ne peut s'agir que de décisions nationales. Enfin, lorsqu'un pays en particulier a des relations spécifiques avec un pays donné, comme la France avec le Liban, il est logique de procéder de manière nationale. J'ajoute que dans la gestion des crises, il faut toujours agir vite, et que le consensus européen est souvent difficile et long à obtenir. Pour toutes ces raisons, je crois que la démarche française était la bonne.

    Maximumuse : M. Chirac a-t-il une vision du rôle de l'ONU plus musclée que les classiques "observateurs" ?

    Bruno Tertrais : Il semble que Jacques Chirac partage à certains égards la vision du général de Gaulle sur l'ONU. Ce dernier la décrivait, en effet, comme un "machin", une entité molle peu capable de prendre des décisions. Jacques Chirac a une double vision de l'ONU. D'un côté, il en fait la principale institution multilatérale où doivent se traiter les affaires du monde, d'un autre côté, dès lors qu'il s'agit d'employer la force militaire, il en voit les limites. L'affaire du concept d'opération relatif à la résolution 1701 a montré une fois de plus toute la difficulté de concilier multilatéralisme et réalisme militaire.

    Yann_Grenoble : La France ne craint-elle pas l'escalade avec la Syrie en se déployant à la frontière d'un pays contre lequel elle manœuvre à l'ONU depuis l'assassinat d'un ami personnel de M. Chirac ?

    Bruno Tertrais : Vous avez raison, c'est sans doute une crainte française, et en tout cas, si cette crainte existe, elle est légitime. En effet, la Syrie a déclaré qu'elle ne voulait pas voir la Finul postée à ses frontières. Dans la mesure où, comme vous le soulignez, il y a une tension franco-syrienne depuis l'automne 2004, et encore plus depuis l'assassinat de M. Hariri, peut-être les soldats français seront-ils postés à des emplacements qui ne les exposeront pas excessivement vis-à-vis de la Syrie.

    Olivier_1 : Pourquoi la France ne s'aligne-t-elle pas sur la proposition italienne d'envoyer 3 000 hommes, pour que son commandement soit légitime ?

    Bruno Tertrais : La question du commandement de la force est relativement secondaire. La France s'est déclarée volontaire pour conserver le commandement de la Finul (elle commande en effet déjà la Finul ancienne formule). Mais je ne pense pas que Paris souhaite en avoir le commandement à tout prix. Vous semblez souligner qu'il faut avoir le contingent le plus important pour prétendre au commandement d'une force multinationale, et c'est tout à fait vrai. Reste à voir si la contribution italienne sera effectivement de 3 000 hommes, car il semble que Rome ait encore quelques hésitations sur l'ampleur exacte de sa contribution au sol. En tout cas, la France comme l'Italie ont toutes deux la capacité militaire de commandement d'une telle force.

    Laurent : La France a-t-elle un intérêt particulier à conserver la direction des opérations sur le terrain libanais ?

    Bruno Tertrais : Comme je l'ai dit, la France n'entend pas obtenir à tout prix le commandement de la Finul. Un commandement italien pourrait à mon avis convenir à la France, dans la mesure où c'est un pays dont nous sommes proches et avec lequel nous travaillons déjà beaucoup. Il reste toutefois que l'existence d'un commandement français pourrait rassurer un peu plus les militaires français quant aux conditions d'engagement de la force. Même si l'essentiel réside dans la chaîne de commandement qui sera définie entre la Finul rénovée et l'ONU à New York. Ce point est tout à fait crucial, car la France a un très mauvais souvenir des chaînes de commandement compliquées qui existaient dans le cadre de la Forpronu au début des années 1990 dans l'ex-Yougoslavie.

    Jerome_1 : Quelle est la différence entre le chapitre 6 et le chapitre 7 auxquels le débat en France faisait allusion ? Pourquoi cela a-t-il de l'importance ?

    Bruno Tertrais : Toutes les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies s'imposent juridiquement à tous les Etats membres, quel que soit le chapitre de la charte auquel elles font référence. Le chapitre 6 de la charte ne s'inscrit pas dans le cadre du rétablissement de la paix et de la sécurité internationale, et donc ne permet pas en soi l'action coercitive. Le chapitre 7, en revanche, se réfère aux actions coercitives, qu'il s'agisse des sanctions ou de l'emploi de la force militaire. La France aurait voulu que la résolution 1701 soit placée sous chapitre 7, ce qui l'aurait rendue plus musclée. Elle n'a pas obtenu satisfaction sur ce point, c'est aussi pour cela qu'elle a été réticente à s'engager clairement tant que les règles d'opération de la Finul n'étaient pas définies.

    Yann_Grenoble : La volonté française de préciser les contours de la Finul élargie traduit-elle seulement une appréhension nationale vis-à-vis des parties en présence ou rentre-t-elle plutôt dans une tentative de réformer le mode opératoire des forces internationales mandatées par l'ONU ?

    Bruno Tertrais : Les deux sont vrais. La préoccupation immédiate de la France, c'est la sécurité et l'efficacité de la Finul rénovée. Mais il est vrai aussi que la France fait partie des pays qui, depuis la fin de la guerre froide, essaient de muscler les règles d'opération de l'ONU, et surtout d'éviter que celles-ci soient soumises à des procédures bureaucratiques qui mettent en danger sa mission, comme, une fois encore, on avait pu le voir au début des années 1990 dans l'ex-Yougoslavie.

    Sahmaz : Quel est le prix politique que la France, et les autres pays européens avec elle, serait prête à payer pour obtenir le désarmement du Hezbollah ? Celui-ci exigera-t-il des contreparties très importantes ? Si les Occidentaux ne sont pas prêts à traiter avec ce mouvement, entre autres pour ne pas courroucer Israël, la Finul ne court-elle pas à l'échec ?

    Bruno Tertrais : La France n'a pas pour mission ou pour mandat de désarmer le Hezbollah. Le désarmement du Hezbollah n'a pas à faire l'objet d'une négociation internationale, car il est en effet exigé par la résolution 1559 du Conseil de sécurité. Si négociations il y a, c'est au sein même des cercles dirigeants libanais. En revanche, la France est prête, elle l'a dit à plusieurs reprises, à contribuer autant que possible à aider le gouvernement et l'armée du Liban à rétablir leur pleine souveraineté sur l'ensemble du territoire, et donc aider les Libanais à mettre en œuvre la résolution 1559.

    Zamzam : Est-ce que la France a déjà acquis l'accord du Hezbollah ? Sinon, comment protéger nos toupes là ou des Israéliens sont tués si facilement ?

    Bruno Tertrais : Je ne connais pas la teneur d'éventuelles discussions discrètes entre la France et le Hezbollah, si elles ont lieu. Ce que je sais, en revanche, c'est que les responsables du Hezbollah ne sont pas opposés, dans leurs déclarations publiques, au renforcement de la présence militaire française au Liban.

    Olivier_r : Pensez-vous que Romano Prodi ait pu essayer un "coup politique" en proposant que l'Italie prenne la direction de la Finul, pendant que Jacques Chirac essayait de négocier des règles d'engagement plus favorables aux militaires ?

    Bruno Tertrais : La discussion des règles d'engagement de la Finul a impliqué l'ensemble des pays concernés, y compris l'Italie. L'Italie a décidé d'envoyer une contribution significative, et tout le monde devrait s'en féliciter. Car on ne peut pas dire que nos autres partenaires européens se bousculent au portillon ! Y a-t-il une dimension strictement politique à la décision italienne ? c'est probable, mais on ne va pas reprocher à Rome d'envoyer deux ou trois mille hommes au Liban sous prétexte que c'est aussi, peut-être, un coup politique destiné à rehausser le prestige de l'Italie...

    Jerome : La Finul a-t-elle une réelle chance de voir sa composition partagée entre force des pays occidentaux et force de pays arabes telle que le souhaite la France ?

    Bruno Tertrais : Ce serait en effet la meilleure composition possible. Il ne faut pas que la Finul soit perçue comme étant exclusivement occidentale. La participation de pays musulmans est rendue problématique par le fait qu'Israël ne souhaite pas (et c'est d'ailleurs compréhensible) que des pays qui lui sont hostiles et ne reconnaissent pas son existence viennent s'installer au Liban sud. Ce qui permet d'être optimiste, c'est que le Maroc, la Jordanie et la Turquie semblent décidés à envoyer des contingents dans la Finul rénovée. Il est souhaitable que ces contingents ne soient pas simplement d'ampleur symbolique. D'autres pays musulmans pourraient également s'y joindre.

    Toto21 : Quelle stratégie envisager en cas de dégradation de la situation au Liban et d'une reprise du conflit ?

    Bruno Tertrais : C'est la question-clé. D'ores et déjà, la France et l'Italie ont certainement prévu les modalités d'un retrait d'urgence en cas de reprise des hostilités ne permettant pas à la Finul d'exercer son mandat. Dans une situation plus floue, c'est-à-dire avec une reprise ponctuelle des combats, la Finul devra à la fois pouvoir se protéger et rendre compte de manière précise à New York de la situation sur le terrain. D'une certaine manière, c'est la situation qui est à la fois la plus probable et la plus délicate. Car si les belligérants décidaient d'en découdre à nouveau de manière massive, la Finul devrait alors sans doute se retirer, mais au moins les choses seraient-elles claires. Une situation d'hostilités latentes, avec emploi de la force par l'une ou l'autre des parties, voire par les deux, est le scénario le plus probable. C'est pour cela que la mission de la Finul rénovée sera certainement une mission très difficile.

    Chat modéré par Gaïdz Minassian
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    les pious-pious sont pas chauds-chauds !
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    Re: Finul...

    Message  Trinita le Mar 16 Oct - 14:31

    MP a écrit:
    Bien sûr que non ! Ca ne répond ni à la question de fran6 sur "l'annexion" de 49, ni surtout sur le fait de savoir pourquoi, même avant 67, Jérusalem-Ouest n'était pas reconnue comme capitale d'Israël.

    Bon, laissons Israel se répandre comme une mérule.
    Mais au nom de quoi ?

    De la chanson française modame!!!!!

    http://www.dailymotion.com/video/x29xgq_chez-laurette-michel-delpech_music


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    Re: Finul...

    Message  fran6 le Mar 16 Oct - 14:53

    lol!

    RAME16

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    Re: Finul...

    Message  RAME16 le Mar 16 Oct - 15:02

    mddrrr !

    je vais quand même lui répondre.

    MP, chère MP, si il y a autant de depression en europe c'est dû a l'après guerre froide, les guerriers ce sont reposés.


    alors pour comprendre le conflit israelo palestinien, il faut remonter à Hitler et le mufti de jérusalem qui lui pensait que les nazis allaient gagner la guerre. mais heureusement pour eux comme pour nous car il allait les exterminer et tout ceux qui ne sont pas blond.

    Alors les juifs d'europe venant des camps ont reçus comme cadeau ce territoire, car les anglais, les usa, et nous étions contre hitler, le japon, l'italie, la turquie, et la palestine ,..

    c'est pour celà que je rentre plus jamais dans ce conflit, je sais de quoi il retourne.

    voilà !

    goldorak GO !

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    Re: Finul...

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