Alter-MuRAX

Mar 12 Déc - 11:22


    comtes, pouêts zé mites

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    Trinita

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    Re: comtes, pouêts zé mites

    Message  Trinita le Sam 24 Fév - 4:25

    Choufi et Choufami, les deux oiseaux, étaient tombés amoureux l'un de l'autre le jour où ils s'étaient rencontrés sur une branche.


    Choufi l'oiseau blanc se croyait noir, et Choufami l'oiselle blanche se croyait noire, car chacun se voyait comme le miroir de l'autre et ne pouvait s'imaginer différent. Tous les jours, du soir au matin, leurs chants emplissaient le ciel. Les autres animaux s'arrêtaient pour les écouter, pour admirer leur vol, pour penser à cet amour si fort qu'ils connaîtraient peut-être eux aussi une fois dans leur vie.








    Mais pendant ce temps, au palais, la fille du roi se mourait lentement, s'enfonçant peu à peu dans une langueur dont personne ne comprenait la cause et qui ne la laissait même plus sortir de son lit. Un matin où son père était venu s'inquiéter de son état, elle lui dit qu'elle avait fait un rêve. Un rêve où il était dit que seul un oiseau blanc pouvait la sauver. Le roi bondit aussitôt chez son magicien. Il le trouva dans la cour du palais, accompagné comme à son habitude de son singe, de son serpent et de sa blanche colombe. Le roi lui expliqua le rêve de la princesse en montrant la colombe du doigt, mais le magicien se récria :







    — S'il y a un oiseau blanc qui peut sauver ta fille, mon roi, ce n'est pas ma douce colombe. Elle est la compagne de mes vieux jours, comme mes deux autres animaux, mais elle n'a rien de magique. Je crois que s'il existe un oiseau magique dans ton royaume, ce ne peut être que celui qui vole en ce moment au-dessus de nos têtes.

    Le roi leva les yeux. Choufi et Choufami survolaient à cet instant les tourelles du château, et le roi fut séduit par la beauté de leur chant et de leur vol. Aucun doute, le magicien avait raison !

    — Que l'on aille me chercher cet oiseau ! s'exclama le souverain.

    Et le soir même, alors qu'ils étaient tranquillement installés dans leur nid, les deux amoureux virent arriver sous leur arbre un messager du monarque qui leur délivra la convocation royale.





    — Malheur, dit en pleurant Choufami qui se croyait blanche, c'est un ordre du roi, je ne peux pas refuser, que va-t-il m'arriver au palais ?

    — Je ne sais pas, dis Choufi en pleurant à son tour, mais vas-y si tu dois y aller.

    Et Choufami s'envola vers le palais du roi. Celui-ci, en la voyant arriver, crut que l'on s'était moqué de lui : il avait fait demander l'oiseau blanc, pas le noir ! Il enferma donc Choufami dans une cage en espérant que cela déciderait son compagnon à venir.





    Justement, sur son arbre, Choufi n'en pouvait plus d'attendre. Il se lamentait et se lamentait encore lorsque qu'une petite voix se fit entendre à ses côtés :

    — Ne t'inquiète plus, je suis la solution à ton problème !

    Surpris, Choufi regarda qui était sur la branche. Il vit un cafard qui agitait ses antennes dans sa direction.

    — Ne prends donc pas cet air étonné ! dit le cafard. Je ne suis pas ce que tu crois, je suis l'amant secret de la princesse, j'ai été transformé en insecte par un rival jaloux, et c'est ma disparition qui la fait mourir. Si tu m'emmènes au palais, je suis sûr que le magicien pourra me redonner ma véritable forme.





    Choufi, qui ne cherchait qu'un prétexte pour se rendre au palais, installa le cafard sur son dos et s'envola vers le château. Dès que le roi l'aperçut, il le fit capturer et l'emmena près de la princesse. Quand il vit un cafard surgir de ses plumes, il voulut l'écraser, mais Choufi défendit l'insecte à coup de bec. L'attitude de l'oiseau était tellement surprenante que le magicien s'intéressa de plus près aux deux animaux. Il ne trouva rien de particulier chez Choufi, mais il découvrit vite qu'un enchantement pesait sur le cafard. Lorsque le charme fut renversé et que l'insecte fut de nouveau homme, la santé de la princesse s'améliora en quelques instants !



    Ce fut donc bien, comme dans le rêve, l'oiseau blanc qui guérit la princesse. Et on laissa Choufi et Choufami regagner leur nid. Ils s'étaient rendus compte qu'ils étaient différents, mais cela ne changea rien ni à la beauté de leur chant, ni à celle de leur vol. Ni à celle de leur amour.





    Choufi et Choufami
    adapté par Claudio, d'après un document du CCF de Deir el-Qamar

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    RAME16

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    Re: comtes, pouêts zé mites

    Message  RAME16 le Mer 7 Mar - 15:20

    j'expire Surprised
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    Trinita

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    Re: comtes, pouêts zé mites

    Message  Trinita le Dim 27 Mai - 3:19




    La licorne est un animal mythique, son nom vient du latin unicornus (« une seule corne »). Elle est appelée monokeros en grec. On a également traduit le mot hébreu Re'em, présent dans la bible, par licorne.

    La licorne est souvent dépeinte dans les bestiaires médiévaux (recueils de fables), comme étant un cheval blanc et arborant une corne spiralée sur le front, et qui peut vivre jusqu'à mille ans. Néanmoins, son aspect et sa personnalité diffèrent parfois selon la région du monde où elle était censée être aperçue. Ainsi en Occident, elle est souvent décrite comme étant sauvage et indomptable; tandis qu'en Orient, l'on racontait que c'était un animal paisible et doux, qui apportait la bonne fortune.





    On en parle pour la première fois en Occident, dans les textes écrits sous la plume de l'historien Grec Ctesias, vers 389 avant J-C, sur la base de récits de voyageurs. Selon l'auteur, les licornes auraient habité l'Inde; elles sont décrites comme étant des ânes sauvages aussi gros que des chevaux - et parfois plus encore - leur pelage était blanc, leur tête rouge foncé et leurs yeux d'un bleu profond. Sur leur tête se dressait une longue corne d'environ 50 cm de long : généralement blanche à la base noire au milieu et rouge sur le bout. Somme toute il s'agit d'un animal fabuleux, mélange de rhinocéros indien, d'antilope de l'Himalaya et d'âne sauvage. Le narval est également appelé licorne de mer.





    Source et éléments de la légende

    Ce qui caractérise essentiellement la licorne, c'est sa corne unique.

    * les cornes des mammifères peuvent prendre des formes diverses. Alors que sur le front elles sont normalement une paire, il arrive aussi qu'une seule des deux cornes se développe, et (plus impressionnant, car le résultat est alors parfaitement central) "elles peuvent fusionner", ce qui donne une corne unique. C'est notamment le cas des cornes de certaines chèvres. Ainsi, conformément à la légende, quelques animaux à corne unique et ressemblant à la description classique de la licorne occidentale sont attestés (dont un bouc en 1982, dans un zoo américain). Bien entendu, de tels animaux, naturels mais rarissimes, ne constituent pas une espèce mais seulement des spécimens monstrueux, et on peut comprendre qu'ils aient suscité des interprétations magiques.

    * Les défenses de narval (en fait une dent) furent identifiées comme étant celles des licornes, ajoutant de la crédibilité au mythe, entretenu par ce cadeau mystérieux entre princes.

    * Les antilopes africaines de type Oryx, et le rhinocéros indien (plus petit que l'africain et avec une corne unique) ont également été présentés comme une explication possible, car leur description à partir de ces pays lointains laisse de la place à de nombreuses déformations.






    Licorne occidentale

    L'historien grec Ctésias (vers 400 av-jc) rapporte l'existence d'un animal sauvage dont la corne possédait des propriétés médicinales.

    La licorne occidentale était un quadrupède magique, blanc, avec une corne torsadée sur le front. Elle se rapproche du cheval, par la forme générale et la taille, mais aussi de la chèvre, dont elle a les sabots fourchus et la barbiche, ou des cervidés.

    Le symbolisme sexuel de la licorne est assez explicite. La licorne est femelle et vierge, mais sa corne lui donne un attribut mâle. Symbole de sagesse et de pureté, elle ne pouvait être approchée et apprivoisée que par une jeune fille vierge, mais certains contes rapportent l'histoire d'un homme qui parvient à vaincre une licorne, en échappant à un coup de sa corne qui s'enfonce dans un arbre, ce qui laisse l'animal à la merci de l'homme, qui peut alors s'emparer de sa corne.

    Les légendes racontent que la corne unique fait office d'antidote. Sous forme de poudre, elle facilite la guérison des blessures. Elle permet de purifier les eaux et de neutraliser les poisons (le Roi de France disposait d'une corne de licorne à cet usage, ce qui pour autant ne lui faisait pas négliger des précautions plus terre-à-terre...)


    Héraldique





    La licorne est aussi une figure héraldique imaginaire figurée selon la tradition, mais avec des sabots fourchus de cervidés (comme dans l'illustration ci-contre) et une barbiche sous la gueule. Fréquente surtout dans les ornements extérieurs de l'écu. En particulier, elle servait de support aux armes d'Écosse. De nos jours, elle est représentée avec le lion pour porter les armoiries sur les armes de la Grande-Bretagne où le lion figure l'Angleterre et la licorne, l'Écosse. Les armes actuelles d'Écosse et d'Angleterre figurent les deux animaux, pour manifester l'union des deux couronnes. Notons aussi les armoiries des dominions britanniques, comme le Canada, qui possèdent en général le lion et la licorne. En France, elle est sur les armoiries de la ville normande de Saint-Lô et de la ville alsacienne de Saverne .



    La licorne chinoise (Ki-rin ou Ch'i-lin) [modifier]






    Elle ressemble peu à celle décrite en Europe. Elle est souvent comparée à un reptile à queue de bœuf, proche du cerf et portant sur le front une corne recouverte de fourrure (d'où le nom de licorne utilisé). Elle représente la douceur, la bonté et la prospérité (surtout chez les enfants et les adolescents).

    La licorne est également un symbole de perspicacité, et était traditionnellement représentée dans les tribunaux chinois du système impérial sur la tenture séparant la salle d'audience et le cabinet du magistrat (peut-être son unique corne au milieu du front symbolise-t-elle la facilité à trancher en séparant le vrai du faux).

    Avec le système des cinq éléments, la licorne est associée aux quatre animaux bénéfiques, à savoir le dragon, l'oiseau vermillon du sud, le tigre et la tortue noire. Elle est censée vivre mille ans et elle apparaît lors de la naissance des empereurs et des grands sages. Elle symbolise le bonheur d'avoir des enfants.






    http://fr.wikipedia.org/wiki/Licorne


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    Trinita

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    Re: comtes, pouêts zé mites

    Message  Trinita le Mar 25 Sep - 15:38

    http://fr.youtube.com/watch?v=WUJOY7y_8QQ


    Je passai cinq mois fort doucement avec ma femme et mes enfants, et je puis dire qu’alors j’étais heureux, si j’avais pu connaître que je l’étais ; mais je fus malheureusement tenté de faire encore un voyage, surtout lorsque l’on m’eut offert le titre flatteur de capitaine sur l’Aventure, vaisseau marchand de trois cent cinquante tonneaux. J’entendais parfaitement la navigation, et d’ailleurs j’étais las du titre subalterne de chirurgien de vaisseau. Je ne renonçai pourtant pas à la profession, et je sus l’exercer dans la suite quand l’occasion s’en présenta. Aussi me contentai-je de mener avec moi, dans ce voyage, un jeune garçon chirurgien. Je dis adieu à ma pauvre femme. Étant embarqué à Portsmouth, je mis à la voile le 2 août 1710.

    Les maladies m’enlevèrent pendant la route une partie de mon équipage, en sorte que je fus obligé de faire une recrue aux Barbades et aux îles de Leeward, où les négociants dont je tenais ma commission m’avaient donné ordre de mouiller ; mais j’eus bientôt lieu de me repentir d’avoir fait cette maudite recrue, dont la plus grande partie était composée de bandits qui avaient été boucaniers. Ces coquins débauchèrent le reste de mon équipage, et tous ensemble complotèrent de se saisir de ma personne et de mon vaisseau. Un matin donc, ils entrèrent dans ma chambre, se jetèrent sur moi, me lièrent et me menacèrent de me jeter à la mer si j’osais faire la moindre résistance. Je leur dis que mon sort était entre leurs mains et que je consentais d’avance à tout ce qu’ils voudraient. Ils m’obligèrent d’en faire serment, et puis me délièrent, se contentant de m’enchaîner un pied au bois de mon lit et de poster à la porte de ma chambre une sentinelle qui avait ordre de me casser la tête si j’eusse fait quelque tentative pour me mettre en liberté. Leur projet était d’exercer la piraterie avec mon vaisseau et de donner la chasse aux Espagnols ; mais pour cela ils n’étaient pas assez forts d’équipage ; ils résolurent de vendre ; d’abord la cargaison du vaisseau et d’aller à Madagascar pour augmenter leur troupe. Cependant j’étais prisonnier dans ma chambre, fort inquiet du sort qu’on me préparait.

    Le 9 de mai 1711, un certain Jacques Welch entra, et me dit qu’il avait reçu ordre de M. le capitaine de me mettre à terre. Je voulus, mais inutilement, avoir quelque entretien avec lui et lui faire quelques questions ; il refusa même de me dire le nom de celui qu’il appelait M. le capitaine. On me fit descendre dans la chaloupe, après m’avoir permis de faire mon paquet et d’emporter mes hardes. On me laissa mon sabre, et on eut la politesse de ne point visiter mes poches, où il y avait quelque argent. Après avoir fait environ une lieue dans la chaloupe, on me mit sur le rivage. Je demandai à ceux qui m’accompagnaient quel pays c’était. « Ma foi, me répondirent-ils, nous ne le savons pas plus que vous, mais prenez garde que la marée ne vous surprenne ; adieu. » Aussitôt la chaloupe s’éloigna.

    Je quittai les sables et montai sur une hauteur pour m’asseoir et délibérer sur le parti que j’avais à prendre. Quand je fus un peu reposé, j’avançai dans les terres, résolu de me livrer au premier sauvage que je rencontrerais et de racheter ma vie, si je pouvais, par quelques petites bagues, par quelques bracelets et autres bagatelles, dont les voyageurs ne manquent jamais de se pourvoir, et dont j’avais une certaine quantité dans mes poches.

    Je découvris de grands arbres, de vastes herbages et des champs où l’avoine croissait de tous côtés. Je marchais avec précaution, de peur d’être surpris ou de recevoir quelque coup de flèche. Après avoir marché quelque temps, je tombai dans un grand chemin, où je remarquai plusieurs pas d’hommes et de chevaux et quelques-uns de vaches. Je vis en même temps un grand nombre d’animaux dans un champ, et un ou deux de la même espèce perchés sur un arbre. Leur figure me parut surprenante, et quelques-uns s’étant un peu approchés, je me cachai derrière un buisson pour les mieux considérer.

    De longs cheveux leur tombaient sur le visage ; leur poitrine, leur dos et leurs pattes de devant étaient couverts d’un poil épais ; ils avaient de la barbe au menton comme des boucs, mais le reste de leur corps était sans poil, et laissait voir une peau très brune. Ils n’avaient point de queue, ils se tenaient tantôt assis sur l’herbe, tantôt couchés et tantôt debout sur leurs pattes de derrière ; ils sautaient, bondissaient et grimpaient aux arbres avec l’agilité des écureuils, ayant des griffes aux pattes de devant et de derrière. Les femelles étaient un peu plus petites que les mâles. Elles avaient de forts longs cheveux et seulement un peu de duvet en plusieurs endroits de leur corps. Leurs mamelles pendaient entre leurs deux pattes de devant, et quelquefois touchaient la terre lorsqu’elles marchaient. Le poil des uns et des autres était de diverses couleurs : brun, rouge, noir et blond. Enfin, dans tous mes voyages je n’avais jamais vu d’animal si difforme et si dégoûtant.

    Après les avoir suffisamment considérés, je suivis le grand chemin, dans l’espérance qu’il me conduirait à quelque hutte d’Indiens. Ayant un peu marché, je rencontrai, au milieu du chemin, un de ces animaux qui venait directement à moi. À mon aspect, il s’arrêta, fit une infinité de grimaces, et parut me regarder comme une espèce d’animal qui lui était inconnue ; ensuite il s’approcha et leva sur moi sa patte de devant. Je tirai mon sabre et je frappai du plat, ne voulant pas le blesser, de peur d’offenser ceux à qui ces animaux pouvaient appartenir. L’animal, se sentant frappé, se mit à fuir et à crier si haut, qu’il attira une quarantaine d’animaux de sa sorte, qui accoururent vers moi en me faisant des grimaces horribles. Je courus vers un arbre, auquel je m’adossai, tenant mon sabre devant moi ; aussitôt ils sautèrent aux branches de l’arbre et commencèrent à me couvrir de leurs ordures ; mais tout à coup ils se mirent tous à fuir.

    Alors je quittai l’arbre et poursuivis mon chemin, étant assez surpris qu’une terreur soudaine leur eût ainsi fait prendre la fuite ; mais, regardant, à gauche, je vis un cheval marchant gravement au milieu d’un champ ; c’était la vue de ce cheval qui avait fait décamper si vite la troupe qui m’assiégeait. Le cheval, s’étant approché de moi, s’arrêta, recula, et ensuite me regarda fixement, paraissant un peu étonné ; il me considéra de tous côté, tournant plusieurs fois autour de moi.

    Je voulus avancer, mais il se mit vis-à-vis de moi dans le chemin, me regardant d’un œil doux, et sans me faire aucune violence. Nous nous considérâmes l’un l’autre pendant un peu de temps ; enfin je pris la hardiesse de lui mettre la main sur le cou pour le flatter, sifflant et parlant à la façon des palefreniers lorsqu’ils veulent caresser un cheval ; mais l’animal superbe, dédaignant mon honnêteté et ma politesse, fronça ses sourcils et leva fièrement un de ses pieds de devant pour m’obliger à retirer ma main trop familière. En même temps il se mit à hennir trois ou quatre fois, mais avec des accents si variés, que je commençai à croire qu’il parlait un langage qui lui était propre, et qu’il y avait une espèce de sens attaché à ses divers hennissements.

    Sur ces entrefaites arriva un autre cheval, qui salua le premier très poliment ; l’un et l’autre se firent des honnêtetés réciproques, et se mirent à hennir de cent façons différentes, qui semblaient former des sons articulés ; ils firent ensuite quelques pas ensemble, comme s’ils eussent voulu conférer sur quelque chose ; ils allaient et venaient en marchant gravement côte à côte, semblables à des personnes qui tiennent conseil sur des affaires importantes ; mais ils avaient toujours l’œil sur moi, comme s’ils eussent pris garde que je ne m’enfuisse.

    Surpris de voir des bêtes se comporter ainsi, je me dis à moi-même : « Puisque en ce pays-ci les bêtes ont tant de raison, il faut que les hommes y soient raisonnables au suprême degré. ».

    Cette réflexion me donna tant de courage, que je résolus d’avancer dans le pays jusqu’à ce que j’eusse rencontré quelque habitant, et de laisser là les deux chevaux discourir ensemble tant qu’il leur plairait ; mais l’un des deux, qui était gris pommelé, voyant que je m’en allais, se mit à hennir d’une façon si expressive, que je crus entendre ce qu’il voulait : je me retournai et m’approchai de lui, dissimulant mon embarras et mon trouble autant qu’il m’était possible, car, dans le fond, je ne savais ce que cela deviendrait, et c’est ce que le lecteur peut aisément s’imaginer.

    Les deux chevaux me serrèrent de près et se mirent à considérer mon visage et mes mains. Mon chapeau paraissait les surprendre, aussi bien que les pans de mon justaucorps. Le gris-pommelé se mit à flatter ma main droite, paraissant charmé et de la douceur et de la couleur de ma peau ; mais il la serra si fort entre son sabot et son paturon, que je ne pus m’empêcher de crier de toute ma force, ce qui m’attira mille autres caresses pleines d’amitié. Mes souliers et mes bas leur donnaient de grandes inquiétudes ; ils les flairèrent et les tâtèrent plusieurs fois, et firent à ce sujet plusieurs gestes semblables à ceux d’un philosophe qui veut entreprendre d’expliquer un phénomène.

    Enfin, la contenance et les manières de ces deux animaux me parurent si raisonnables, si sages, si judicieuses, que je conclus en moi-même qu’il fallait que ce fussent des enchanteurs qui s’étaient ainsi transformés en chevaux avec quelque dessein, et qui, trouvant un étranger sur leur chemin, avaient voulu se divertir un peu à ses dépens, ou avaient peut-être été frappés de sa figure, de ses habits et de ses manières. C’est ce qui me fit prendre la liberté de leur parler en ces termes :

    « Messieurs les chevaux, si vous êtes des enchanteurs, comme j’ai lieu de le croire, vous entendez toutes les langues ; ainsi, j’ai l’honneur de vous dire en la mienne que je suis un pauvre Anglais qui, par malheur, ai échoué sur ces côtes, et qui vous prie l’un ou l’autre, si pourtant vous êtes de vrais chevaux, de vouloir ; souffrir que je monte sur vous pour chercher quelque village ou quelque maison où je me puisse retirer. En reconnaissance, je vous offre ce petit couteau et ce bracelet. »

    Les deux animaux parurent écouter mon discours avec attention, et quand j’eus fini ils se mirent à hennir tour à tour, tournés l’un vers l’autre. Je compris alors clairement que leurs hennissements étaient significatifs, et renfermaient des mots dont on pourrait peut-être dresser un alphabet aussi aisé que celui des Chinois.

    Je les entendis souvent répéter le mot yahou, dont je distinguai le son sans en distinguer le sens, quoique, tandis que les deux chevaux s’entretenaient, j’eusse essayé plusieurs fois d’en chercher la signification. Lorsqu’ils eurent cessé de parler, je me mis à crier de toute ma force : Yahou ! yahou ! tâchant de les imiter. Cela parut les surprendre extrêmement, et alors le gris-pommelé, répétant deux fois le même mot, sembla vouloir m’apprendre comment il le fallait prononcer. Je répétai après lui le mieux qu’il me fut possible, et il me parut que, quoique je fusse très éloigné de la perfection de l’accent et de la prononciation, j’avais pourtant fait quelques progrès. L’autre cheval, qui était bai, sembla vouloir m’apprendre un autre mot beaucoup plus difficile à prononcer, et qui, étant réduit à l’orthographe anglaise, peut ainsi s’écrire : houyhnhnm. Je ne réussis pas si bien d’abord dans la prononciation de ce mot que dans celle du premier ; mais, après, quelques essais, cela alla mieux, et les deux chevaux me trouvèrent de l’intelligence.

    Lorsqu’ils se furent encore un peu entretenus (sans doute à mon sujet), ils prirent congé l’un de l’autre avec la même cérémonie qu’ils s’étaient abordés. Le bai me fit signe de marcher devant lui, ce que je jugeai à propos de faire, jusqu’à ce que j’eusse trouvé un autre conducteur. Comme je marchais fort lentement, il se mit à hennir : hhuum, hhumn. Je compris sa pensée, et lui donnai à entendre, comme je le pus, que j’étais bien las et avais de la peine à marcher ; sur quoi il s’arrêta charitablement pour me laisser reposer.


    http://fr.wikisource.org/wiki/Les_Voyages_de_Gulliver_:_Voyage_au_pays_des_Houyhnhnms

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    Re: comtes, pouêts zé mites

    Message  RAME16 le Mer 10 Oct - 16:37

    oui krill je le savais bien avant internet cette histoire de licorne quis ont en fait des chèvres dont les cornes s'entremêlent et ne font qu'une.
    il y aaussi des milliers d'espèce qui ont disparues surtout en amréique du sud. il y avait par exmeple en amazonie des paresseux de 9 tonnes,ou à madagascar des oiseaux dela famille des autruches de 5 mètres de haut et ce jusqu'au début 1900.

    en amérique latine ce qui s'est passé est le plus grand carnage de l'histoire de la terre(connu car le pétrole est aussi des reste d'êtres vivants il y atrès longtemps). en amrique du nord il y avait les carnivores, et en marique du sud les lemuriens, l'amérique centrale n'existait pas, puis quand elle s'est formée,... je ne vous dit pas,... et comme çà dans le cadastre des espèce il y a plein de trous, des epsèces qui manquent.

    et tu prouves ce qu eje dis depuis frot longtemps ,les mtyhes et légendes ont un fond de vérité.à nous de le trouver.



    Trinita a écrit:


    La licorne est un animal mythique, son nom vient du latin unicornus (« une seule corne »). Elle est appelée monokeros en grec. On a également traduit le mot hébreu Re'em, présent dans la bible, par licorne.
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    Re: comtes, pouêts zé mites

    Message  Trinita le Ven 19 Oct - 12:29

    à voir et revoir sans modération...

    http://youtube.com/watch?v=UStDYGhzi8o




    (j'ai hésité, mais ce film a plus sa place dans ce topic..


    http://www.marcel-carne.com/photographies/visiteurs/lesvisiteursdusoir_dvdr.html




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    Re: comtes, pouêts zé mites

    Message  Heiwa le Ven 28 Mar - 13:26

    Merci pour ce post Trinita!
    J'essayerai de l'alimenter un peu aussi!

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