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Mar 12 Déc - 11:29


    Peut-on être islamiste et féministe ?

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    silverbold
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    Peut-on être islamiste et féministe ?

    Message  silverbold le Mar 17 Juin - 14:58

    Peut-on être islamiste et féministe ?

    Islamisme et féminisme, deux termes que tout oppose, pourraient-ils se retrouver réunis sous les mêmes cieux idéologiques ? Emergence du féminisme musulman, associations islamistes pour la cause des femmes, réforme de la Moudawana finalement “applaudie” par Al Adl Wal Ihssane… Sait-on jamais ?


    Non, ce n'est pas le sujet piège d'un concours d'entrée à une grande école de la provoc'. Peut-on être islamiste et féministe ? On imagine les cris offusqués des femmes et des barbus pour une fois à l'unisson. Islamisme et féminisme, voilà bien deux termes qui n'ont pas
    l'habitude de se donner l'accolade, à l'instar de leurs bataillons de militants respectifs. Et pourtant… Que ça plaise ou non, la question se pose.

    18 mars 2005. Du fond de la Cathédrale St John the Divine, à New York, une femme met la communauté musulmane mondiale en émoi en conduisant un prêche exceptionnel pour des centaines d'hommes et femmes réunis côte à côte pour la prière du vendredi. Bien qu'elle prétende n'agir et ne parler qu'en son nom, Amina Wadud, Afro-américaine convertie à l'islam et professeur d'études islamiques à l’Université Commonwealth de Virginie, réalise par son geste un coup médiatique fort, mettant soudainement en lumière un mouvement conceptuel qui fait son chemin : le féminisme musulman.

    Troisième voie
    Médecin et essayiste installée à Rabat, la Marocaine Asma Lamrabet planche actuellement sur Le Coran et les femmes. Une lecture de libération. Troisième ouvrage pour une “troisième voie”, voulant montrer qu'il est possible de concilier les termes de féminisme et d'islam, une association qui ne fait pas que des heureux. “Le terme de féminisme a toujours cette connotation occidentale forte, voire colonialiste, d'où son rejet par les islamistes et une majorité de musulmans. Mais de l'autre côté, de nombreuses féministes en Occident ne nous acceptent pas, nous considèrent comme des allumées”. L'islamologue Mohamed Darif reconnaît que le féminisme est le produit d'une mentalité fermement anti-religieuse. Asma Lamrabet, elle, veut croire que c'est une mouvance plurielle. “Il y a des femmes chrétiennes qui relisent la Bible”. Membre d'un “groupe de relecture féministe” réunissant des membres marocains, espagnols, français et canadiens, elle se sent “proche de l'exigence de justice du féminisme gauchiste ou de celui de la Théorie de la libération en Amérique latine”.

    Sa réflexion n'en est pas moins centrée sur l'islam, dont elle fustige plusieurs déformations aberrantes. “A commencer par le concept de la Création qui présente Eve comme l'éternelle pécheresse originelle. C'est totalement sexiste et n'apparaît nulle part dans le Coran où hommes et femmes sont également responsables. De plus, l'islam appelle à la participation politique et sociale des femmes, quand le discours islamiste demeure très réducteur. Surtout, la femme y est toujours réduite au statut d'épouse, de mère, de sœur”. Des points sur lesquels l'accord avec les féministes “à l'occidentale” est total.

    Les droits de la femme selon les islamistes
    Mais qu'en pensent réellement les militantes islamistes, qui disent conjuguer défense de la cause féminine et activisme politique ? Après tout, les sections ou associations de femmes qui s'inscrivent dans le giron islamiste d'une part “ont toujours existé depuis l'apparition des Frères musulmans en 1928”, comme le rappelle Mohamed Darif, mais sont aussi de plus en plus nombreuses, les deux principales au Maroc étant Mounadhamat tajdid al waii annissaii (Organisation du renouveau de la conscience féminine ou ORCF, dépendant du MUR) et Al Qitaa annisaii (branche féminine de Al Adl Wal Ihssane).

    Des associations actives, qui mettent à disposition de nombreuses femmes, certes, cours d'alphabétisation, soutien juridique ou aide financière, et dont les responsables reconnaissent la prédominance patriarcale sur l'islam, thèse numéro 1 du féminisme musulman. Mais derrière ces gestes solidaires, le discours sur les droits de la femme demeure bien particulier. Quand les tenantes du féminisme musulman défendent sans ambiguïté l'égalité entre hommes et femmes, Bassima Hakkaoui, députée du Parti de la justice et du développement (PJD) et présidente du Conseil administratif de l'ORCF, explique croire en “leur complémentarité”.

    Selon elle, “on ne peut imaginer un monde l'un sans l'autre”. Le féminisme, pour les militantes islamistes, cherche bâtir un univers sans hommes, érigés en ennemis suprêmes, et serait responsable, selon une activiste qui a souhaité garder l'anonymat, des “familles monoparentales, du décrochage scolaire, de la pédophilie”. Bassima Hakkaoui estime, elle, que la femme musulmane ne se centre pas ainsi sur elle-même : “Elle a des devoirs, en tant que citoyenne et mère. Hommes et femmes n'ont pas les mêmes obligations, il y a une particularité féminine, notamment par la structure biologique et physique de la femme. Certains métiers peuvent être dangereux pour sa santé, celle de son bébé”.

    La chose est claire. Là où le féminisme musulman parle de la femme en soi, comme individu, “les militantes islamistes parlent essentiellement de la famille, précise Mohamed Darif. Leur principal souci est de lutter contre la famille nucléaire. Il y a une grande différence entre action féminine et féminisme”. Ainsi est sacralisé, dans le discours islamiste, le rôle de la femme comme “pilier du foyer et premier vecteur de valeurs”. “Les plus grands transmetteurs de machisme sont les femmes elles-mêmes”, conclut d'ailleurs Asma Lamrabet. C'est dire si l'intériorisation de la “fonction” éthique et procréatrice que l'islam patriarcal leur a assignée est profonde. De fait, même si les militantes islamistes défendent l'accès des femmes à la sphère politique et sociale, c'est souvent en posant la condition d'aménagements spécifiques de crainte qu'elles ne sacrifient leur rôle de mère.

    La Moudawana, ça ne passe pas si bien que ça
    Mais à force de diluer le concept de droits de la femme dans la spécificité religieuse avec pour alibi la complémentarité des sexes, il se réduit à une peau de chagrin. “Je n'ai jamais entendu des islamistes défendre les droits des femmes si ce n'est leur prétendue liberté de porter le voile ou leur prétendu droit de rester avec leurs enfants”, fulmine Nouzha Skalli qui garde la mémoire fraîche quant aux débats acharnés pour la réforme de la Moudawana. Celle-ci, pourtant, ne s'est pas écartée un chouia du cadre religieux. “Chaque fois qu'ils ont pu prendre une position réactionnaire, ils l'ont fait”.

    D'ailleurs, là où les nouvelles voix du féminisme musulman acclament la Moudawana réformée, l'ambiance, côté militantes islamistes, est à l'amertume un peu crispée. Selon Bassima Hakkaoui, “certaines choses ont été touchées de façon gratuite, comme l'abandon de la tutelle paternelle pour le mariage. Très peu de femmes se marient sans l'assistance du père, donc ça ne change rien. De plus, l'âge minimal du mariage (18 ans) reste à discuter. Aujourd'hui la moyenne d’âge du mariage est très élevée et les cas exceptionnels de mariages précoces se débrouillent pour qu'ils aient lieu. Je suis contre la dictature de la loi, chaque être humain a le droit de faire ce qu'il veut”. Enfin, presque… “Le féminisme est un mouvement pour la liberté et la responsabilité des choix, des actes, des réactions. C'est inconciliable avec la tutelle”, contredit la militante féministe Souad Ettaoussi.

    À nouveau, là où les féministes musulmanes font une croix sur la polygamie, Bassima Hakkaoui justifie que “si les femmes refusaient, elle n'existerait pas”. La députée PJD évoque “ces femmes cadres cultivées qui préfèrent un homme déjà marié pour atténuer la présence masculine dans leur vie, pour être soulagées en tant que seconde épouse”. Quant à la question de l'héritage, elle n'est pas même, pour les islamistes, censée souffrir le débat. “C'est clairement dit dans le Coran. Il ne faut pas projeter le système occidental sur le musulman, dans lequel la famille induit beaucoup d'exigences pour l'homme par rapport à la femme, qui est soulagée de nombreuses obligations”. L'héritage avantagerait donc les hommes pour compenser le sacrifice consenti au sein du foyer. On est loin de l'ijtihad moderniste défendu par Amina Wadud et consorts. “Nous n'acceptons pas une lecture moderne, mais une lecture correcte du Coran”, rectifie Bassima Hakkaoui.

    Alors, féministes, les islamistes ? Car l'étiquette “soft” de féminisme musulman ne colle pas à la peau de qui veut. Pour Asma Lamrabet, qui évoque Nadia Yassine (Al Adl Wal Ihssane) et Khadija Moufid (MUR), oui, c'est possible. Selon Mohamed Darif, “on ne peut pas dire que les islamistes ne sont pas sincères quant à la cause féminine. Mais, à mon sens, islamisme et féminisme ne sont pas compatibles”. Même son de cloche chez Souad Ettaoussi, fervent défenseur des droits des femmes, qui a pourtant, pendant ses années lycée, fait partie du Mouvement pour le renouveau et la réforme (ancêtre du PJD), finalement jugé “trop politique”. “Les associations féminines sont à la mode, mais ça relève plus d'une stratégie de recrutement”. Nouzha Skalli n'y croit pas une seconde non plus. “J'ai vu les leaders de certaines de ces associations défendre le mariage précoce et réclamer des sanctions contre les mères célibataires. Je ne les ai pas vues défendre la petite Nihad, 6 ans, violemment frappée, il y a peu, par un Khatib”. No comment.



    Féminisme musulman. Haro sur l'islam machiste !

    Remise en cause tranchée de l'islam patriarcal, via un ijtihad éclairé à même de dépouiller la religion du machisme qui a kidnappé le message spirituel, envisager le Coran comme un texte historique à comprendre dans son contexte, prôner l'égalité entre hommes et femmes et revaloriser le statut de la femme dans l'islam : tel est le credo de ce féminisme musulman qui ne s'en tient pas qu'à l'énonciation de grands principes philosophiques ou de néologismes comme celui de “jihad de genre”. Concrètement, exit la lapidation, la polygamie, la culpabilisation de la femme, sa mise à l'écart de la sphère publique, haro sur l'intégrisme salafiste mais aussi sur le préjugé selon lequel la cause féminine n'a de salut que dans l'Occident ou dans la laïcité. Bien qu'encore minoritaire et pas vraiment organisé, ce courant s'affirme peu à peu, ayant tenu son premier congrès européen en octobre dernier à Barcelone avec des porte-parole de tous horizons et s'offrant même un début de théorisation, à travers de nombreux articles (même Tariq Ramadan y ajoute son grain de sel) et quelques essais.

    http://www.telquel-online.com/224/maroc3_224.shtml
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    MP

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    Re: Peut-on être islamiste et féministe ?

    Message  MP le Mer 18 Juin - 11:21

    La femme musulmane doit être très attentive à ses droits.

    Elle a le droit de se faire cogner par on mari si elle n'est pas sage ;
    Elle a le droit de se faire lapider si elle le trompe ;
    Elle a le droit de se faire enfermer à la maison quand il s'absente.
    Elle a le droit de se faire faire 15 gosses, preuve qu'elle plait encore à son mari ...

    Non mais ... Very Happy Very Happy Very Happy

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