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Jeu 18 Jan - 6:45


    Les jeux d'alliance découragent les choix politiques

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    silverbold
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    Les jeux d'alliance découragent les choix politiques

    Message  silverbold le Ven 8 Juin - 17:26

    Les jeux d'alliance découragent les choix politiques
    LE MONDE | 08.06.07 | 14h12
    CHARLEROI ENVOYÉ SPÉCIAL


    La campagne pour les élections législatives du 10 juin s'est littéralement "traînée" jusqu'à ce que Guy Verhofstadt, chef du gouvernement belge sortant et président des libéraux flamands, soit officiellement défié en Flandre par Yves Leterme, président de la région et leader du Parti chrétien démocrate & flamand (CD & V) ; et qu'en Wallonie francophone, l'affrontement devienne inhabituellement violent entre les deux grandes personnalités de la région, Didier Reynders et Elio Di Rupo, respectivement président du Mouvement réformateur (libéral) et du Parti socialiste.


    Soudain personnalisé, conformément au voeu d'une partie de l'opinion qui réclamait une confrontation "à la française", le débat en ferait presque oublier que, dans le système complexe de l'Etat fédéral belge, la part d'intervention de l'électeur est limitée : il peut voter pour un parti afin de s'opposer à un autre mais il risque de les retrouver unis, demain, dans une coalition qu'il n'a pas voulue.

    La Belgique, pays où le vote est obligatoire, a retenu le système de représentation proportionnelle intégrale, qui favorise l'émiettement. Une dizaine de formations sont représentées à la Chambre des députés et au Sénat. Elles sont contraintes de négocier entre elles des accords, parfois byzantins, parfois contre nature, pour former une majorité.

    La division de l'Etat en deux grandes communautés, la flamande et la francophone (dite "française"), complique les choses, d'autant qu'il n'existe plus de "familles" politiques nationales : les courants politiques traditionnels (chrétien-démocrate, socialiste et libéral) sont incarnés dans les deux communautés par des partis sans structure commune.

    Jusqu'ici, les "demi-frères" francophones et flamands de tel ou tel courant n'ont pas gouverné l'un sans l'autre. Mais cela pourrait changer. Le leader des socialistes flamands vient d'indiquer qu'il pourrait aller au pouvoir sans ses homologues francophones. Que des majorités différentes se mettent en place dans les régions (Flandre, Wallonie, Bruxelles) et le système affichera définitivement sa complexité...

    Les élections du 10 juin apparaissent d'autant plus comme un imbroglio qu'elles devraient, en théorie, déboucher sur une nouvelle réforme constitutionnelle. Les partis flamands veulent, notamment, régionaliser la politique de l'emploi et des salaires. Les francophones s'y opposent mais, demain, aucun ne pourra refuser la négociation.

    Or une réforme de l'Etat suppose un gouvernement qui dispose d'une majorité des deux tiers et s'appuie dès lors sur les trois grandes familles traditionnelles. Les ennemis d'aujourd'hui pourraient donc être les alliés obligés de demain.
    Jean-Pierre Stroobants

    http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-920642@51-916353,0.html

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