Alter-MuRAX

Mar 17 Oct - 8:36


    Rapport police-population dans le 93

    Partagez
    avatar
    silverbold
    Admin

    Masculin
    Nombre de messages : 4001
    Localisation : BXL
    Date d'inscription : 17/06/2006

    Rapport police-population dans le 93

    Message  silverbold le Lun 4 Juin - 15:46

    Publié le 04/06 à 11:13
    Rapport police-population dans le 93

    Un document dressant un constat accablant des relations entre police et population en Seine-Saint-Denis fait polémique
    par Patrick DAMIEN


    Révélé par l'AFP, le rapport de l'Institut national des hautes études de sécurité décrit des "relations actuelles" entre police nationale et population "difficiles et empreintes de tensions évidentes", et pointe une "déferlante de violence", avec un "nombre croissant de mineurs" impliqués. Sa divulgation a suscité une controverse politique.

    Ségolène Royal, ex-candidate PS à l'Elysée, a dénoncé dès samedi le fait qu'un tel rapport ait été "caché aussi longtemps", évoquant "des vérités qui dérangent". En déplacement à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne) pour soutenir les candidats socialistes aux législatives, elle a demandé au président de la République quelles décisions seraient prises pour "rétablir l'indispensable lien de confiance entre la population et le grand service public de la police".

    Patrick Devedjian, secrétaire général délégué de l'UMP, proche de Nicolas Sarkozy, a eu des mots très durs dimanche pour le PCF au sujet de ce rapport, estimant que dans le "93", les communistes avaient "ancré les gens dans la misère parce que c'était aussi une manière pour eux d'asseoir leur pouvoir politique". Si les Hauts-de-Seine (le département qu'il préside depuis peu) ont "si bien évolué" et la Seine-Saint-Denis "si mal évolué", "c'est parce que l'un était géré par la droite, l'autre était géré par le parti communiste."

    Le président du conseil général de Seine-Saint-Denis Hervé Bramy (PCF), répondant aux accusations de Patrick Devedjian, a estimé dimanche que "les communistes n'ont pas démérité en Seine-Saint-Denis". Il a jugé les propos du maire d'Antony "scandaleux" et "déplacés". "Nous avons été les plus ardents défenseurs de la police de proximité", a rappelé notamment l'élu PCF, alors que, comme le souligne le rapport de l'INHES, cette police de proximité -abandonnée par Nicolas Sarkozy- a eu des "effets positifs incontestables".

    Marie-George Buffet (PCF) a demandé dimanche "d'urgence, dès lundi, la réunion avec le préfet de Seine-Saint-Denis de tous les élus du département, afin que nous soit donnée connaissance du rapport complet, et que soient débattues les mesures indispensables et immédiates qui s'imposent".

    Jean-Pierre Raffarin (UMP) a estimé de son côté que "le climat électoral" n'était "pas le meilleur climat pour traiter" d'un sujet "grave".
    Le rapport évoque un "profond malaise"

    D'emblée, les auteurs du rapport indiquent que "les relations actuelles entre la police nationale et la population" en Seine-Saint-Denis "sont difficiles et empreintes de tensions évidentes". Ils évoquent une "déferlante de violence" avec un "nombre croissant de mineurs" mis en cause dans la délinquance, une "dégradation", voire "parfois une césure" entre police et population.

    L'état réel de la délinquance "révèle une face cachée significative d'un profond malaise", ajoutent les rédacteurs de cette étude : une "hausse considérable des violences", une "baisse discutable des faits constatés", une "violence endémique".

    La police se concentre trop sur la lutte contre les stupéfiants ou les clandestins, affirme, par ailleurs, l'étude, dénonçant une "hausse artificielle" de ses taux d'élucidation, qui donnent "une image agressive" d'elle en raison de son activisme. Le document souligne en outre un "décalage" entre la "suractivité permamente" de la police et les "réalités subies par la population".

    Le "93", soutient l'étude, est dans une situation de "marginalisation croissante" avec une "délinquance hors normes". Un "fossé se creuse avec les autres départements" notamment pour ce qui est des faits violents constatés.

    L'étude constate, par ailleurs, un "faible taux de plaintes" et également une "faible réponse judiciaire vécue, selon les acteurs de terrain, par la population et la police". Tous les éléments mis en avant dans l'étude ont pour conséquence un "climat d'insécurité permanent entre la police et les habitants des quartiers sensibles".

    Pas d'analyse des violences urbaines
    Les "racines du conflit" sont à chercher dans "l'affablissement du Parti communiste", dont le "93" fut un bastion, "et son réseau associatif (...) actif" ou dans une police "formée avant tout au maintien de l'ordre". L'INHES demande de "prendre en compte le contexte dans lequel vivent" les "populations fragilisées" du "93" sur les plan économique et social, regrette qu'il n'y ait pas eu "d'analyse" des violences urbaines ou que la police soit perçue comme "partiale" du fait parfois de son "attitude irrespectueuse" à cause des "tensions".

    Renouer les liens avec la population
    Quelles sont les solutions ? Il faut "renouer les liens avec la population des quartiers", "réorganiser le travail de la police" et de ses techniques d'intervention". Un train de mesures est préconisé comme l'accueil dans les commissariats, une "doctrine d'emploi" des policiers et particulièrement des CRS. La police de proximité, dit aussi l'étude, a eu des "effets positifs incontestables" dans certains de ces secteurs sensibles.

    L'INHES observe en conclusion que "les policiers ont ressenti une dégradation des rapports" après les émeutes de 2005. Il "est donc à craindre qu'aucune stratégie de reconquête du terrain ne puisse se réaliser sans accepter l'idée d'une confrontation plus ou moins longue mais, surtout, de forte intensité".
    La DGPN défend un "document interne"

    La direction générale de la police nationale a indiqué samedi que le rapport de l'INHES dressant un constat accablant des relations entre police et population en Seine-Saint-Denis était un "document interne qui n'avait pas vocation à être diffusé". Selon la DGPN, depuis sa rédaction fin 2006, "beaucoup a été fait en Seine-Saint-Denis", notamment sur le "renforcement des effectifs" policiers dans le département ou "l'accueil dans les commissariats".

    Ce rapport inédit de l'INHES, auquel l'AFP a eu accès, souligne une "dégradation", voire "parfois une césure" entre la police et la population. Le document a été finalisé en décembre 2006 après deux mois d'étude et de rencontres avec des acteurs municipaux, policiers ou magistrats du "93", d'où sont parties les émeutes de 2005.

    Cette "mission d'étude" de l'INHES s'est concentrée sur quatre communes où sont implantés des ensembles HLM difficiles comme Montfermeil ou Clichy-sous-Bois. L'INHES a transmis le rapport en début d'année au ministère de l'Intérieur.
    Réactions des syndicats de police

    Le syndicat de police Alliance a dénoncé dimanche une "certaine pression de la hiérarchie sur les policiers" en Seine-Saint-Denis, après la divulgation du rapport de l'Institut national des hautes études de sécurité (INHES) sur les relations tendues entre police et population en Seine-Saint-Denis. Pour Jean-Claude Delage, secrétaire général du deuxième syndicat de gardiens de la paix, "il ne faut pas confondre politique du résultat et abattage quantitatif".

    Synergie, deuxième syndicat d'officiers de police, a estimé dimanche que "la population en Seine-Saint-Denis attend une réponse judiciaire" à l'insécurité après la divulgation du rapport de l'INHES. "Il n'y a pas de malaise entre la police et la population du "93" mais entre les policiers et une population criminogène", a indiqué à l'AFP Bruno Beschizza, secrétaire général de Synergie.

    http://paris-ile-de-france-centre.france3.fr/info/31430792-fr.php
    avatar
    MP

    Nombre de messages : 4696
    Date d'inscription : 18/06/2006

    Re: Rapport police-population dans le 93

    Message  MP le Lun 4 Juin - 17:58

    Il y a eu tant de laxisme dans certains coins que les habitants considèrent comme normal de résister aux injonctions de la Police, voir de les caillasser.

    Il est temps de leur faire savoir qu'en démocratie, "force doit rester à la loi".

    Alors la dinde du Poitou peut raconter ce qu'elle veut ...

      La date/heure actuelle est Mar 17 Oct - 8:36