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Jeu 18 Jan - 6:54


    La solitude de Reynders

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    silverbold
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    La solitude de Reynders

    Message  silverbold le Sam 2 Juin - 7:46

    La solitude de Reynders

    01/06/2007 14:00

    Le président du MR a choisi la stratégie de l'affrontement pour tenter d'inverser les rapports de force politiques en Wallonie. Un pari risqué : Elio Di Rupo a la rancune tenace.

    Cette fois, Didier Reynders ne peut plus reculer. Les derniers avatars carolorégiens l'ont décidé à muscler définitivement sa stratégie. On l'avait déjà vu très offensif, surtout à l'égard du CDH. Il n'était pas avare de petites phrases assassines, à propos du PS, l'accusant notamment de vouloir maintenir les Wallons - ses électeurs - dans l'assistanat. Mais, jusqu'ici, le pugilat entre les rouges et les bleus tenait surtout du show. Désormais, il en va tout autrement. En enjoignant à Olivier Chastel et à Philippe Sonnet, les deux échevins libéraux de Charleroi, de quitter la majorité communale, Didier Reynders, président du MR et candidat aux législatives du 10 juin, a mis le feu aux poudres. Alors qu'il se hasardait, jusqu'ici, à y faire de prudentes allusions, il a, à présent, porté les « affaires » qui touchent le PS sur le devant de la scène électorale. Il sait, pourtant, qu'Elio Di Rupo le lui pardonnera très difficilement.
    Pourquoi avoir choisi cette voie radicale ? Reynders fait le pari que le PS sortira affaibli du scrutin du 10 juin. Il spécule sur le fait que les électeurs, cette fois, se rendront compte de ce qui, à ses yeux, constitue une évidence.

    Voici presque vingt ans, sans interruption, que le PS squatte tous les niveaux de pouvoir, et c'est un euphémisme de dire que Bruxelles et, surtout, la Wallonie, n'affichent pas une forme olympique. En outre, comme l'évolution, sur le long terme, est favorable aux libéraux, le président du MR se dit que, oui, cette fois, il sera peut-être possible de faire basculer le centre de gravité politique.

    Et si le MR gagnait son pari fou ?

    Un récent sondage, publié par le quotidien Vers l'Avenir , a contribué à lui booster le moral : le MR y est crédité de 34 % des intentions de vote, en Wallonie, pour 29 % au PS ! Aux élections provinciales de 2006, le MR avait atteint 27,3 %, et le PS, 32,1 %. Et, aux législatives fédérales de 2003 - celles à l'aune desquelles on jugera les résultats du 10 juin -, les libéraux avaient obtenu 28,4 %, pour 36,4 au PS. La tendance, cette fois, serait donc inverse. Certes, les modalités du sondage du quotidien namurois ont suscité les critiques unanimes des analystes. Il n'empêche : symboliquement, ce sondage vaut son pesant d'or. Les huiles du MR peuvent, désormais, se permettre d'évoquer un « déplacement du centre de gravité politique ». Pour ce qui est de la communication, c'est plutôt bien trouvé. Rien de tel, en effet, pour mobiliser les troupes, les militants, et aussi les électeurs. Le message ? « Pour voter utile, votez MR. » C'est simple et mobilisateur. Comme est alléchante et claire, aussi, la ligne de force de son programme électoral, à savoir la poursuite de la réforme fiscale et la nécessaire création de richesses, préalable à leur partage.

    Entre le rêve de Reynders et la réalité, il y a cependant une marge, que même une éventuelle victoire électorale libérale ne viendra pas entièrement combler. Aujourd'hui, dans les travées de la Chambre des représentants, le MR joue d'égal à égal avec le PS : ils comptent, chacun, 25 députés. La « victoire » libérale semble donc à portée de scrutin. Mais cette égalité en sièges ne rend qu'imparfaitement compte de la réalité. Un des 25 sièges du MR est occupé par un transfuge, Richard Fournaux, passé du CDH au MR en cours de législature. Et plusieurs autres n'ont échoué que de justesse dans l'escarcelle libérale. En 2003, le PS avait rallié les suffrages de 742 000 électeurs, contre 605 000 seulement pour le MR. Ce retard en voix, relativement important, s'était partiellement effacé au moment de la répartition des sièges : celle-ci s'opère au terme d'opérations comptables compliquées, qui empêchent parfois de faire dans la nuance. Depuis lors, donc, les libéraux surfent sur leur « égalité » avec le PS. Mais ils savent bien que, jusqu'à preuve du contraire, elle n'est qu'apparente...

    Isabelle Philippon

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    Re: La solitude de Reynders

    Message  MP le Sam 2 Juin - 8:33

    Même si je le souhaite, je ne crois pas vraiment à un raz de marée bleu, l'expérience montrant que la majorité des électeurs n'adaptent pas leurs choix aux circconstances : en pleines "affaires" à Charleroi, 40 % des citoyens grugés par le PS ont tout de même voté pour lui.

    Il est certain que di Rupo se montre d'un aveuglement et d'une susceptibilité peu en rapport avec sa situation d'empailleur de truands.
    et qu'il n'a rien fait (mais a-t-il quelque chose à dire, face aux toutes puissantes fédérations) pour assainir ses équipes. Il préfère laisser le travail se faire à la Justice, sans rien anticiper. Une Justice dont, comiquement, Onckelinckx et lui s'émeuvent qu'elle continue à travailler "malgré l'approche des élections" Very Happy Very Happy Very Happy

    La seule tactique du Gland des siciliens est de tenter de répartir l'opprobe, en y incorporant le MR, sur de rares incidents qui n'ont rien à voir avec le vol caractérisé de biens sociaux (Ducarme en retard d'impôts, mais sans la moindre tricherie ; une erreur d'encodage du budget au Ministère des Finances, toujours purement technique).

    A ces parades minables, et cette persistance à cautionner les pires vols des mandataires socialistes, il me semble que c'est plutôt le PS qui se trouve seul !

    Les écolos, qui n'ont cependant que peu de points communs avec le MR, ne veulent pas entendre de la moindre alliance avec la clique PS , et le CDH, même s'il est resté à Charleroi pour permettre à Viseur de contiuer à faire le ménage, signale clairement qu'il ne veut pas rester seul en alliance avec ce PS nauséabond.

    Bref tout le monde attend du très impuissant di Rupo qu'il sorte de son immobilisme . Mais le pourra-t-il ? N'oublions pas que plusieurs socialistes corrects, à Charleroi, se sont fait laminer par leur mafia ... Twisted Evil

    Il y a une grande différence entre utiliser ou créer des situations dans un but électoraliste, et demander à l'électeur de mettre fin à des situations pourries. C'est bien ce que font le MR, Ecolo et le CDH.

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