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    Carte scolaire : ce qui sera fait et dans quel délai

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    silverbold
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    Carte scolaire : ce qui sera fait et dans quel délai

    Message  silverbold le Sam 2 Juin - 7:41

    Carte scolaire : ce qui sera fait et dans quel délai
    Par Véronique Grousset.
    Publié le 01 juin 2007
    Actualisé le 02 juin 2007 : 18h44


    Le système ne pourra pas être profondément remanié avant la rentrée 2008, et pas avant 2010 dans les grandes villes. Mais une dizaine de départements et communes seront désectorisés dès septembre.


    Quatre mille appels en trois jours au rectorat de Paris : il aura suffi pour cela d'un reportage télévisé montrant des collégiens de banlieue en train de passer un «entretien d'affectation» préalable à leur admission dans un lycée réputé, situé hors de leur zone d'habitation. Un reportage qui n'avait rien à voir avec un assouplissement sans condition, et moins encore avec une suppression, de la sectorisation en vigueur depuis 1963 : les collégiens en question, tous issus d'établissements classés en ZEP (zone d'éducation prioritaire), bénéficiaient en réalité d'une mesure instaurée en 2005 les autorisant à intégrer le «lycée de leur choix» dès lors qu'ils ont obtenu une mention «très bien» (16 sur 20) à leur brevet.


    Mais il n'en a pas fallu davantage pour que la confusion s'installe. Probablement persuadées que la carte scolaire venait d'être abolie (alors que Nicolas Sarkozy n'a parlé que de sa «suppression progressive»), quatre mille familles parisiennes se sont aussitôt emparées de leur téléphone pour exiger la liberté d'inscrire leurs enfants où elles veulent, dès la prochaine rentrée, auprès d'une académie qui ne reçoit d'ordinaire que 1 700 demandes de dérogation - par an ! - à la règle de l'affectation automatique, en fonction de l'adresse du domicile.


    C'est à ce genre de réaction que l'on mesure l'impatience de très nombreux parents ; ainsi que l'ampleur du défi assigné aux recteurs. Tous réunis la semaine dernière autour de leur nouveau ministre, Xavier Darcos, ils n'ont pas manqué de lui rappeler les problèmes très concrets - et parfaitement ingérables - que leur poserait une importante modification du système actuel à cette époque de l'année. La prochaine rentrée est en effet d'ores et déjà préparée dans ses moindres détails : affectation des personnels, décisions d'ouverture ou de fermeture de classes, réception des demandes formulées par les parents. Pour l'année scolaire 2007-2008, le ministère ne pourra donc pas faire mieux que poursuivre, en l'accentuant, l'«assouplissement progressif» de la carte scolaire dont bénéficient notamment les collégiens admis hors de leur secteur grâce à l'obtention d'une mention «très bien» au brevet.


    Xavier Darcos a d'ailleurs été très clair sur son adhésion à cette démarche «méritocratique» : six jours après sa nomination, il avait déjà demandé aux recteurs, ainsi qu'aux proviseurs, de privilégier systématiquement les demandes de dérogation déposées par de bons élèves, de préférence boursiers ou issus d'établissements classés en ZEP, plutôt que celles des familles prétextant une «option rare» ou le «regroupement d'une fratrie» (deux des motifs les plus souvent invoqués pour contourner la carte scolaire). Le nouveau ministre a insisté aussi sur sa volonté de voir augmenter rapidement le nombre des élèves recrutés «hors zone» : de 8 à 15% des effectifs aujourd'hui, leur pourcentage devra s'établir «entre 10 et 20% selon les académies» dès la rentrée de septembre.


    Éviter le chaos


    Mais ce retour progressif à davantage de mixité sociale et géographique ne pourra s'effectuer dans un premier temps qu'à effectifs d'élèves constants, ou presque, dans chaque établissement ; tout simplement parce qu'il sera souvent impossible de «pousser les murs», surtout dans les grandes villes. A Paris, par exemple, seuls quatre ou cinq lycées sur les douze les plus recherchés disposent de locaux suffisants pour ouvrir «entre une et trois» nouvelles classes dès la prochaine rentrée. Quant aux établissements les moins cotés, il n'est pas question non plus de les laisser se vider de leurs élèves, ni de diminuer leur budget s'ils en perdent quelques-uns. Tout sera fait au contraire pour leur permettre d'améliorer leurs résultats - et donc leur attractivité - en les faisant bénéficier en priorité des moyens financiers alloués dès cette rentrée pour le soutien gratuit en études dirigées... en plus des aides de toutes sortes (encadrement plus nombreux, classes allégées, dispositifs relais, tutorat personnalisé) que la plupart d'entre eux reçoivent déjà.


    La politique qui consiste à «donner plus à ceux qui ont le moins» n'est donc aucunement remise en cause, bien au contraire ; rien qu'au cours des quinze dernières années, le budget de l'Education nationale avait déjà augmenté de 85%, une manne distribuée pour l'essentiel aux écoles, collèges et lycées les plus en difficulté. Mais la grande différence entre hier et aujourd'hui, c'est l'obligation de résultat. Xavier Darcos s'est en effet fixé un délai très court - trois ans seulement - avant de supprimer la carte scolaire et d'autoriser chaque famille à choisir librement son établissement. Ce qui ne signifie pas, fort heureusement, que toutes se précipiteront sur les mêmes : beaucoup d'entre elles ne demanderont pas mieux que de continuer à s'inscrire au plus près de leur domicile, surtout si les exigences des professeurs y correspondent peu ou prou au niveau scolaire de leur enfant. Mais il y a gros à parier qu'elles se montreront en revanche très regardantes sur les critères qui fondent la réputation d'un établissement : non pas la couleur de peau ou l'origine sociale des élèves, ni même le taux de réussite aux principaux examens, mais la tranquillité qui règne dans la cour et les salles de classe, l'assiduité et l'implication des enseignants, les progrès que parviennent à y faire les enfants.


    Autant de points dont l'amélioration dépend surtout de la «qualité des équipes pédagogiques»... hélas très difficile à obtenir en ZEP, où les personnels sont plus souvent inexpérimentés qu'ailleurs, absents pour formation, épuisés par leur temps de transport ou en instance de départ pour un autre poste. C'est par conséquent sur ces problèmes - tous liés au système de mutation dans l'Education nationale, farouchement défendu par l'ensemble des syndicats - que les rectorats vont devoir concentrer l'essentiel de leurs efforts. Revalorisation des salaires et du statut des personnels débutants, allocation d'heures supplémentaires, incitation à une plus grande stabilité des cadres administratifs, autonomie accrue des chefs d'établissement : les pistes sont nombreuses, et seront probablement toutes explorées à l'occasion des «expériences de désectorisation totale» qui seront menées dès la prochaine année scolaire 2007-2008.


    Où cela ? Dans une dizaine de départements et de communes volontaires, en ce moment démarchés par les recteurs, dont Xavier Darcos fournira la liste dans les prochains jours. Il existe en effet certains endroits (un département comme la Guadeloupe, une ville comme Montluçon) où la suppression de la carte scolaire paraît possible dès aujourd'hui ; les établissements y sont tous à peu près du même niveau, et les familles, très attachées à celui qui se trouve dans leur quartier. Les problèmes y seront donc moindres qu'ailleurs, et permettront de tester des solutions. Une excellente chose si vous habitez l'une des huit principales agglomérations françaises ; car il faudra bien trois années d'expériences multiples pour éviter le chaos que les grandes villes auraient inévitablement connu si le gouvernement avait décidé de les désectoriser sans attendre. Trois ans pour y parvenir relèverait déjà de l'exploit.

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    MP

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    Re: Carte scolaire : ce qui sera fait et dans quel délai

    Message  MP le Sam 2 Juin - 8:16

    La supression de la carte scolaire est une véritable libération !

    Les écoles ont trop misé sur l'automatisme de leur "clientèle captive", pour assurer leur petit train-train dans le mépris total des résultats. Pourquoi se fatiguer à être exigeant, quand on peut gagner sa vie en faisant simplement un vague gardiennage de ceux qui s'obstinnent à ne pas être absents Twisted Evil

    Il y aura donc, c'est clair, des écoles de différentes catégories, exactement comme il y a différentes divisions au foot, différents régimes étoilés pour les restaurants, etc.

    Ce sera à l'élève à se hisser dans la catégorie de ses rêves au prix d'efforts personnels, exactement comme cela se pratique dans le sport (on n'arrive pas en division 1 en glandant devant sa télé), ou au restaurant (avant de se goberger trois étoiles, il faut avoir gagné de quoi se le payer).

    Rien donc que de très normal, mais qui avait été totalement occulté par un égalitarisme nivelant au plus bas.

    L'important est que tout bon élève ait accès à un bon établissement, mais aussi que les écoles de secondes zones retrouvent une motivation prégnante à améliorer leur niveau : tout le monde y gagnera.

    La carte scolaire était évidemment une source infâme de fracture sociale : les familles qui ne pouvaient se payer un quartier "chic" étaient contraintes de coller leurs gosses dans une école-poubelle Twisted Evil

    Et, bien entendu, cette mesure forcée a contribué à élever considérablement le prix de l'immobilier dans les quartiers comprenant une école de qualité, augmentant encore le barrage aux "moins gâtés".

    Désormais, tout le monde aura accès à l'école de ses rêves, pourvu qu'il le mérite "au point" Smile Un retour à la justice sociale et à la liberté.

    Cette c*** de Marie Arena ferait bien d'en prendre de la graine ! Parce que, avec elle, il n'y aura d'autre sélection que celle du "premier venu, premier servi", donnant ainsi la primauté aux gens qui dorment sur les trottoirs pour inscrire leurs gosses ... Twisted Evil

    La base du progrès individuel n'est-elle pas le "plan" de carrière scolaire ? "Si j'arrive à réussir cela, je pourrai ..."

    Pour revenir à la France, bien sûr, les bonnes écoles ne sont pas très extensibles. Mais il est évident que de nombreuses "écoles moyennes" feront un effort sérieux pour rejoindre le peloton de tête, que les écoles-poubelles devront suivre le mouvement, et sque cela aboutira automatiquement à unne amélioration du nvau général.

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