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    Pour Arlette Laguiller, c'est la fête (presque) finale

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    silverbold
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    Pour Arlette Laguiller, c'est la fête (presque) finale

    Message  silverbold le Lun 28 Mai - 10:17

    A 67 ans, la figure historique de Lutte ouvrière s'apprête à passer la main.
    Pour Arlette Laguiller, c'est la fête (presque) finale
    Par Matthieu ECOIFFIER
    QUOTIDIEN : lundi 28 mai 2007
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    Douchés dans les urnes, mais toujours prêts pour «les luttes ouvrières de demain». Malgré un score de 1,33 % à la présidentielle, sous une pluie froide, les milliers de militants et sympathisants de Lutte ouvrière venus ce week-end à la fête annuelle de la formation trotskiste à Presles (Val-d'Oise) auraient pu patauger dans la gadoue. C'était sans compter Arlette Laguiller. «Quand Arlette parle, la pluie s'arrête», plaisante Sandra, 35 ans, maître auxiliaire en Bretagne. «C'est joli ces parapluies», leur lance de la tribune l'égérie de LO en introduction de son traditionnel discours. Quand le niveau électoral est au plus bas, rien de mieux qu'un retour aux bases : «Notre avenir à nous, le monde du travail, n'est pas au fond des urnes. Les bulletins de vote ne sont que des chiffons de papiers», tonne Arlette, revigorant son auditoire.
    «Laquais de la bourgeoisie». Et de marteler que l'élection de Nicolas Sarkozy «n'est pas une catastrophe. Même si Ségolène Royal avait été élue, nous aurions dû entrer en lutte». Et de prédire un troisième tour social pas piqué des vers : «Tôt ou tard, il y aura une explosion sociale. C'est le patronat lui-même, pas son avidité, ou ses laquais, par leur cynisme, qui finiront par la déclencher.» Des «laquais de la bourgeoisie» au premier rang desquels elle place Sarkozy. Un président «au service des exploiteurs, des spéculateurs et des licencieurs», qui fait «13 milliards de cadeaux fiscaux aux possédants, soit le double du trou de la Sécu» et prépare une «succession de coups pour la majorité laborieuse» comme «la franchise sur le remboursement de soins». «Arlette» se taille un franc succès en rappelant que le gouvernement «de rupture» de Sarkozy est en fait composé de «chevaux de retour, à commencer par Fillon et Michèle Alliot-Marie, qui a tout juste changé d'uniforme». Laguiller renvoie toujours dos à dos droite et gauche de gouvernement. Elle trouve «ridicule» «l'axe de campagne simplet» du PS et du PCF, qui prétendent qu' «il faut faire élire un maximum de leurs candidats pour faire un contre-pouvoir à l'UMP. Comme si deux ou trois députés PS de plus allaient changer quelque chose !» Suit une charge contre le PCF, qui «sème l'illusion» et qui l' «a payé cher, par la perte de son influence électorale et de son crédit, par sa décomposition, par la démoralisation et l'abandon de la plupart de ses militants».
    A ce niveau de défiance électorale, on peut se demander pourquoi LO présente des candidats dans 563 circonscriptions. Et Laguiller de réussir sa traditionnelle pirouette : «Plus il y aura de voix pour les candidats de LO, plus le patronat et ceux qui le représentent sauront qu'ils risquent un coup de colère de votre part.» «C'est la grève, la force des travailleurs !» entonne alors le public. «Que dire après çà ?» demande Arlette. «Victoire !» crie un homme. «Ah ! ah ! la victoire !» dit Laguiller en souriant, sans y croire. «C'est son dernier discours, l'année prochaine ce ne sera plus elle», pronostique Simone, une militante de longue date. «La transition est difficile. Il faut trouver quelqu'un qui incarne ce qu'incarnait la copine : tout un chacun. De toute façon, il n'y aura pas deux Arlette», commente Sandra, la prof de Bretagne.
    Six femmes en lice. A 67 ans, Laguiller avait prévenu que sa sixième présidentielle serait la dernière. Elle avait même présenté il y a un an à Presles sa «jeune garde» : six femmes. Si certaines ­ Nathalie Arthaud, enseignante à Lyon, Valérie Hamon, conductrice de trains en Bretagne, et Farida Megdoud, professeur dans la région Centre ­ ont fait leurs premières armes sur les plateaux télé pendant la présidentielle, ce week-end, elles ont été privées de parole. «On est des militantes, pas des bêtes de scène. C'est la grève des banques qui a fait émerger Arlette», rappelle l'une d'elle. «Le fait que je fasse tous ces discours à la fête ? Il n'y a pas eu de discussion, ça allait tellement de soi», a expliqué Laguiller. Avant de préciser que la désignation de son (ou sa) successeur interviendra en 2010, «par consensus». Et, «s'il y a des hésitations, par un vote des 8 200 cotisants». En attendant elle se trouve des points communs avec Royal : «Après une élection, on est comptable devant nos électeurs et nos militants. Le fait que Ségolène Royal revienne sur le devant de la scène est légitime, elle a fait 47 %. Sinon, moi, qu'est ce que je devrais dire, avec mes 1,33 % ?»

    http://www.liberation.fr/actualite/politiques/256484.FR.php

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