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    Les écologistes en crise de décroissance

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    silverbold
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    Les écologistes en crise de décroissance

    Message  silverbold le Mar 3 Avr - 15:27

    Les écologistes en crise de décroissance
    Nicolas Hulot REUTERS
    Pour sauver son "pacte écologique", Nicolas Hulot appelle à un meeting ce dimanche au Zénith de Paris puis à un grand rassemblement à 17 heures place du Trocadéro.
    Par Matthieu ECOIFFIER
    QUOTIDIEN : samedi 31 mars 2007

    C'est un paradoxe de cette campagne. Jamais les idées des Verts n'ont été si partagées et le seuil d'acceptabilité pour lutter contre la crise climatique si élevé dans la société. 700 000 personnes ont signé le pacte écologique de Nicolas Hulot. Et des dizaines de milliers d'écocitoyens sont attendus ce dimanche au Trocadéro, à Paris, à l'appel de l'animateur d' Ushuaïa et de l'Alliance pour la planète. Pourtant, jamais le poids de l'écologie dans les urnes n'a risqué d'être si faible. Dominique Voynet, qui s'est autoproclamée «la seule candidate de l'écologie politique» après les défections d'Antoine Waechter (MEI), de France Gamerre (GE) et le ralliement de Corinne Lepage (Cap 21) à François Bayrou, est inexistante dans les sondages. Si l'on ajoute une partie du score recueilli par l'altermondialiste José Bové, on reste en dessous des performances de 2002, où le seul candidat des Verts, Noël Mamère, totalisait plus de 5 % des voix, et Corinne Lepage près de 2 %. A qui la faute ?


    La faute à Nicolas Hulot
    Ils disent qu'il les a «affaiblis», «dilués», voire carrément «tués». Les Verts attribuent en grande partie à Nicolas Hulot les piètres performances de Dominique Voynet. En faisant signer à la plupart des candidats son pacte écologique en janvier, l'animateur d' Ushuaïa a fait de l'urgence climatique un sujet consensuel. «En portant l'écologie sur le plan moral, Hulot a affaibli l'écologie politique. Il nous a purement et simplement siphonnés», analyse Noël Mamère. Le député juge aussi «pathétique de voir la candidate aller quémander un geste de Hulot. C'est un désaveu, une forme de reniement de l'action politique. Au lieu de nous faire croire à une écologie qui est ni de droite ni de gauche, il aurait mieux fait d'aller jusqu'au bout et de se présenter, car en démocratie le seul arbitre c'est le peuple, pas lui».
    Faute d'avoir capté une partie des 12 % d'intentions de vote attribuées à Hulot, les Verts s'apprêtent à lui faire porter la responsabilité de leurs déboires. «Il nous a plantés à se la jouer sauveur de la planète, en disant "je suis capable mais j'ai pas le temps et les Verts sont incapables''», dit Jean-Vincent Placé, membre du comité de campagne. Que Hulot ait rencontré vendredi Bové à Saint-Malo fait enrager un peu plus les Verts.
    La faute aux Verts
    Dans les choux, les Verts doivent «balayer devant leur porte», réplique un proche de Hulot, qui met en cause leur «image de pétaudière qui s'étripe, de sous-traitants du PS». Au gouvernement Jospin entre 1997 et 2002, ils n'ont jamais fait la preuve de leur utilité. «Ils payent l'image du parti dans l'opinion, le décalage entre leur ambition de faire de la politique autrement et la réalité de leur fonctionnement», analyse Aurélie Filipetti. Pour cette élue parisienne qui a claqué la porte pour rejoindre l'équipe de Royal, «la crise du parti a provoqué une crise de confiance dans l'électorat». Un parti pas très attractif, donc, y compris pour les centaines de milliers de militants des associations écologistes. Dominique Voynet a beau regarder des cigognes à la longue-vue dans le Poitou avec la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) ou manifester avec le réseau Sortir du nucléaire contre l'EPR, rien n'y fait. «Il y a 1,5 million d'adhérents à France Nature Environnement», salivait Voynet la semaine dernière. Electoralement, cela pèse entre 4 et 5 % des voix.
    La faute à José Bové
    Le candidat de l' «alternative à gauche» laboure certes sur les terres antilibérales. Mais, outre le courant Alterekolo (8 % des Verts) et une dizaine de figures ­ Francine Bavay, Gilles Lemaire ­, le faucheur d'OGM entraîne derrière lui pas mal de sympathisants écologistes, «nonistes» de gauche. «On ne peut pas défendre la planète sans s'en prendre aux raisons pour laquelle elle est menacée. Ce sont les riches qui la détruisent», confiait le leader paysan à Libération, le 16 mars. Tout en disputant à Voynet le terrain environnemental : «Je n'ai pas de leçon à recevoir sur le combat écolo. J'ai été antinucléaire dans les années 70, lutté pour le Larzac, contre les OGM.» Sa porte-parole, Francine Bavay, suspendue de la direction des Verts, martèle : «Après la canicule de 2003, il fallait changer de braquet, rompre avec le modèle libéral. Les Verts proposent des solutions d'accompagnement et se prennent pour des super techniciens, mais cela ne sert à rien.»
    La faute à Ségolène Royal
    Le vote utile en faveur de la socialiste est une autre raison de la faiblesse de l'écologie politique. «Une partie notable de l'électorat vert s'apprête à voter Royal au premier tour», constate Mamère, comme une sorte d'antidote au 21 avril 2002. Qui plus est, Royal, ex-ministre de l'Environnement, maîtrise la question. «Avoir une candidate socialiste très écologiste, cela rend moins nécessaire de voter pour l'aiguillon vert», constate l'ex-verte Aurélie Filipetti. A preuve, la notation des programmes rendue publique vendredi par l'Alliance pour la planète où, si Voynet obtient 17,5, Royal atteint 16/20.
    La faute à l'écologie ?
    Et si l'écologie était devenue un dossier obligé, contraignant les candidats à «verdir» leurs projets au détriment des Verts ? La plupart des grands partis ont amélioré leur copie verte. Et les conseillers environnement ont pris du galon. «J'ai préféré faire le choix d'écologiser l'UMP plutôt que de rejoindre un parti écologiste», confie l'UMP Nathalie Kosciusko-Morizet, sherpa de Sarkozy qui doit rencontrer, ce samedi, Hulot à Paris. «Si, au Trocadéro, on réussit à mobiliser au-delà des écolos de service, cela nous donnera des responsabilités, explique Jean-Paul Besset, conseiller de Hulot. Non pour créer un nouveau parti, mais un mouvement sous une forme à inventer.» Pour enterrer l'écologie politique ?

    http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/244700.FR.php

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