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    La stratégie des candidats à trois semaines du but

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    silverbold
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    La stratégie des candidats à trois semaines du but

    Message  silverbold le Mar 3 Avr - 15:24

    La stratégie des candidats à trois semaines du but
    LE MONDE | 03.04.07 | 11h00 • Mis à jour le 03.04.07 | 11h56


    A moins de vingt jours du premier tour, le paysage de la campagne présidentielle ne s'est nullement éclairci. La persistance d'une forte proportion d'indécis ou d'hésitants reste le principal enseignement de sondages dont tout le monde se méfie mais que chacun observe attentivement. Le brouillage des repères idéologiques, dans un scrutin plus personnalisé que jamais, ouvre le jeu. Parce que chaque voix compte, les électeurs s'en réjouiront – au moins jusqu'au soir du premier tour.


    Pour les candidats, qui sont engagés sans visibilité dans une dernière ligne droite dont ils ne maîtrisent guère les paramètres, c'est une autre affaire. Les quatre prétendants qui peuvent accéder à la finale du 6 mai peinent à stabiliser les lignes qu'ils ont précédemment contribué à bousculer. Menacés par leurs poursuivants, Nicolas Sarkozy (UMP) et Ségolène Royal (PS) s'efforcent de revivifier les clivages traditionnels. Le premier se veut le porte-parole de la "France exaspérée", quand la seconde revient sur le terrain social. En recul dans les sondages, François Bayrou (UDF) reprend, avec sa proposition de supprimer l'ENA, les accents provocateurs qui lui avaient permis de se faire entendre lors de son début de campagne. Jean-Marie Le Pen (FN) suscite le plus d'interrogations. Moins "visible" que ses adversaires, il a laissé ces derniers installer au centre du débat ses thèmes de prédilection (identité nationale, immigration, sécurité) et/ou son registre populiste.

    Comment aborder, dans ce contexte incertain, la dernière ligne droite de la campagne ? D'abord en faisant bonne figure. Malmené depuis la mi-mars dans les enquêtes d'opinion, et de retour d'un déplacement mitigé aux Antilles, M. Bayrou se dit plus que jamais convaincu de s'être désormais imposé comme "la véritable clé du changement, et la seule". "La dureté de la campagne, la collusion érigée à mon encontre, est bien la preuve de la novation que je porte", estime-t-il. De l'art de transformer les obstacles en clé du succès, et re renvoyer les arguments à leurs expéditeurs. Ainsi de l'incapacité présumée de M. Bayrou à constituer une majorité s'il est élu. "Il faut qu'ils nous disent avec qui ils vont s'allier pour aller au-delà des 25 % qu'ils représentent réellement. Moi, je propose une majorité centrale qui est une majorité ouverte. Eux, leur majorité fermée est en réalité une minorité", affirmait le centriste lors de son déplacement aux Antilles.

    Aucun des deux candidats qui font la course en tête dans les sondages depuis de longs mois n'a à affirmer sa position de leader. Mais ils partagent une interrogation commune : faut-il gérer son avance ou foncer? Réponse des sarkozystes : "Accélérer tout le temps et sprinter dans la dernière ligne droite". "En 1995, un candidat [Edouard Balladur] avait tout stoppé. On a vu ce que ça a donné", explique le publicitaire Jean-Michel Goudard, qui avait contribué à la victoire de Jacques Chirac en 1995 et conseille désormais M. Sarkozy.

    Persuadé que "l'heure de la cristallisation" des choix se produira après le week-end de Pâques, M. Sarkozy est rentré de Bretagne, lundi soir, alors qu'il devait y retourner le lendemain. Motif : une réunion de son comité politique : "J'ai besoin d'être à Paris. J'ai besoin de contact", explique le candidat.

    Egalement soucieuse de marquer de sa présence les derniers rendez-vous de la campagne, Mme Royal devait de façon inhabituelle, mardi, tenir elle-même le point presse quotidien de campagne organisé au siège du PS. Pour ne pas donner le sentiment que Nicolas Sarkozy occupe le terrain médiatique avec la promotion de son livre, l'agenda de la candidate socialiste s'est subitement enrichi avec… une signature de son livre, Maintenant, dans un grand magasin de Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis).

    Signe de fébrilité? Les rendez-vous imprévus se multiplient. Après avoir annulé un déplacement prévu à La Rochelle, Ségolène Royal a choisi au dernier moment de se rendre, lundi en début d'après-midi, devant l'usine PSA Peugeot Citroën d'Aulnay-sous-Bois (Seine Saint-Denis), où quelque 500 salariés (10 % du personnel) sont en grève depuis cinq semaines pour obtenir notamment des augmentations de salaire. Manière pour la candidate de ne pas se laisser enfermer par M. Sarkozy sur le terrain de la sécurité.

    Autour d'elle, quelques salariés ont brandi des cartes électorales tandis que d'autres réclamaient un autographe sur leurs cartes de grévistes. S'adressant au micro à l'ensemble des salariés présents, Mme Royal a évoqué "une belle et grande entreprise Française". "Est-ce que vous êtes fiers de votre entreprise ?" a-t-elle interrogé. "Oui !", a répondu son auditoire. La candidate a alors demandé "solennellement" à la direction de reprendre les négociations, en insistant sur la "juste répartition" des bénéfices entre les actionnaires et les salariés.

    A l'UMP, de grands meetings sont encore programmés : Lyon, Tours, Toulouse, rempliront l'agenda de M. Sarkozy dans les jours à venir. Mais le trésorier de sa campagne regarde plus à la dépense. Le plafond n'est pas loin d'être atteint. Alors on en profite pour caser de petites réunions plus clientélistes : les Harkis, les Antillais, les acteurs culturels, les femmes ont eu droit ou auront droit à leur réunion spécifique. Ces petits rassemblements permettent les messages ciblés, à moindre frais.

    Reste les petits événements pour donner du rythme aux semaines à venir. A L'UMP, on prévoit pour le 15 avril une "opération boulangerie" où les militants sont invités à tracter devant ces commerces. Le week-end suivant, ils sont priés de participer à "la vague bleue". Les sympathisants devront s'habiller de bleu pour marquer leur adhésion à la candidature Sarkozy.

    Jean-Marie Le Pen n'a prévu que deux meetings pour ces trois dernières semaines de campagne : le 15 avril au Palais des sports à Paris, et le 19 avril à Nice. Le président du Front national qui compte beaucoup sur la campagne médiatique, fera quelques déplacements qui ne sont pas planifiés à l'avance. C'est ainsi que les journalistes ont appris à 13 h 30, lundi, que M. Le Pen se rendrait en fin d'après-midi au musée de l'automobile à Reims, avant d'aller voir le match de football Reims-Le Havre.

    Plusieurs de ses cadres feront des déplacements. Sa fille Marine Le Pen, vice-présidente du FN, va faire une tournée de départements franciliens. Elle ira notamment jeudi 5 avril au marché d'Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. Un déplacement que son père s'interdit de faire pour ne pas risquer d'entacher sa campagne d'incidents.

    Service France

    http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-891055,0.html

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